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« Le Watergate polonais » : le scandale des attaques de logiciels espions sur Oposition s’étend

En Pologne, le scandale des attaques de logiciels espions contre l’opposition s’est considérablement étendu entre les deux années. Les critiques parlent d’une « crise de la démocratie » et du « Watergate polonais ». En toile de fond, des rapports indiquent que non seulement un éminent avocat de l’opposition et une procureure critique à l’égard du gouvernement ont été attaqués avec le logiciel espion Pegasus de NSO Group, mais aussi le député du Sénat Krzysztof Brejza, qui a été responsable de la campagne électorale de l’opposition en 2019. Il y a quelques jours, l’agence de presse AP a rapporté que des messages texte récupérés sur son téléphone portable avaient été manipulés et utilisés par la télévision publique polonaise pour lancer des attaques. C’est pourquoi on doute désormais que le résultat des élections ait été équitable.

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Les révélations en Pologne sont le dernier chapitre en date concernant la société israélienne NSO, qui est au centre de critiques particulièrement virulentes depuis l’été dernier. A l’époque, il avait été rendu public que le logiciel espion avait été découvert sur des dizaines de smartphones de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme, de membres de leur famille et d’hommes d’affaires. La liste s’est ensuite allongée et le nombre de pays qui auraient acheté le logiciel espion n’a cessé de croître. Le groupe NSO avait tenté de s’exprimer le moins possible, assurant seulement qu’il ne travaillait qu’avec des agences gouvernementales légitimes, contrôlées par le ministère israélien de la Défense.

En Pologne, le scandale ne cesse de prendre de l’ampleur. Les autorités de surveillance de l’Etat auraient trouvé une facture pour l’achat du hyplogiciel Pegasus, une enquête formelle pourrait suivre. C’est ce que rapporte le magazine en ligne Notes From Polandtandis que le journal Gazeta Wyborcza rapporte que des moyens financiers qui n’avaient pas été débloqués à cet effet ont été utilisés de manière illégale pour l’achat. Auparavant, Donald Tusk, le chef du parti d’opposition Plateforme civique (PO), avait parlé de la « plus grande et plus grave crise de la démocratie depuis 1989 ». Les médias polonais la qualifient, selon le Guardian ont déjà appelé la Pologne le « Watergate », rappelant ainsi le scandale d’espionnage qui avait poussé le président américain Richard Nixon à démissionner en 1974. L’opposition polonaise a demandé des commissions d’enquête.

Pendant ce temps, au sein du parti PiS (« Droit et Justice ») au pouvoir, on se moque des accusations et on rejette les demandes de plus d’explications. A plusieurs reprises, il a notamment été question la formulation suivante a été utiliséeque l’on ne pouvait pas être sûr que toute cette affaire ne concernait pas en réalité une console de jeu « trouvée dans un grenier ». La Pegasus était une réplique de la Nintendo Entertainment System (NES), qui était vendue au début des années 1990, notamment en Pologne. Un porte-parole du parti a même déclaré qu’il n’y avait pas plus de preuves que les reptiles dominent le monde que les accusations de logiciels espions et que cela ne ferait pas l’objet d’une enquête.

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