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Livre noir : Désastre numérique pour les contribuables

Le retard de l’administration en matière de numérisation fait réagir la Fédération des contribuables (BdSt). Dans la dernière édition de son livre noir sur le gaspillage de l’argent public, l’association demande une « modernisation numérique conséquente de l’administration publique ». Les citoyens, les entreprises et l’administration elle-même pourraient ainsi « économiser beaucoup de temps et donc plusieurs milliards d’euros par an ».

Jusqu’à présent, l’État n’y est pas parvenu, avertit le BdSt. De nombreux projets informatiques publics échouent en raison d’une mauvaise planification et de la complexité des structures internes. Le livre noir publié début novembre cite une douzaine d’exemples concrets issus de divers domaines, notamment

Support Windows : Bien que Microsoft ait annoncé en 2012 que le support de Windows 7 serait arrêté en janvier 2020, de nombreuses administrations continuent d’utiliser le système d’exploitation obsolète. C’est pourquoi Hambourg à lui seul paie environ 880.000 euros à Microsoft pour des mises à jour de sécurité supplémentaires en 2020 et 2021, selon une demande du BdSt adressée au Land.

Développement du haut débit : Le BdSt dénonce des erreurs de planification dans le cadre de l’extension de la large bande subventionnée par l’État, par exemple en Saxe. Ainsi, l’arrondissement de Bautzen aurait utilisé des « cartes obsolètes et imprécises » pour un projet de subvention de 105 millions d’euros. C’est pourquoi des adresses ont été oubliées, pour lesquelles un deuxième projet de promotion est maintenant en cours, avec des dépenses prévues d’environ 80 millions d’euros.

Lutte contre la pandémie I : En prenant l’exemple de la Saxe-Anhalt, le BdSt met en lumière l’acquisition de l’application Luca. Le Land a dépensé près d’un million d’euros pour le système controversé pour une durée d’un an, mais il n’est « que peu utilisé » par les services de santé. Le BdSt considère comme « particulièrement grave » le fait que le Land ait payé à l’avance les coûts des capacités des centres de calcul, indépendamment de l’utilisation effective. Pour le fournisseur, l’avantage financier peut donc être « d’autant plus élevé que l’application est peu utilisée ».

Lutte contre les pandémies II : Le BdSt critique le fait qu’au début des vaccinations, le gouvernement fédéral n’avait pas encore de système prêt pour la saisie numérique des données de vaccination, bien que l’on travaille déjà depuis environ 20 ans sur un dossier électronique du patient. C’est pourquoi les médecins et les pharmaciens ont dû transférer ultérieurement les données de vaccination dans l’application CovPass, qui a été achevée plus tard – et ont encaissé pour cela 18 euros par certificat, puis 6 euros. La Confédération ne peut pas encore chiffrer les coûts totaux, écrit le BdSt.

Application de suivi des contacts Luca : Le Bund der Steuerzahler critique le fait que le Land de Saxe-Anhalt ait transféré à l’avance les coûts des capacités du centre de calcul.

(Image : Christoph Soeder/dpa)

Application autoroutière : Le BdSt se frotte également à l’application « Autobahn-App » de la société publique Autobahn GmbH, développée pour environ 1,2 million d’euros. Le nombre d’utilisateurs actifs est passé d’environ 130.000 à environ 14.000 entre fin juillet et début septembre. L’application n’offre donc apparemment que peu de valeur ajoutée. Selon la société Autobahn GmbH, toutes les informations qu’elle contient sont également à la disposition des développeurs d’autres applications. « Il n’y a donc pas besoin d’une application gouvernementale supplémentaire pour les autoroutes ».

Pour exploiter les potentiels de la numérisation, le BdSt propose une série de réformes. Ainsi, le principe du « Once Only » devrait être mis en œuvre afin que l’administration puisse réutiliser les données déjà disponibles avec l’accord des personnes concernées, sans les collecter à nouveau. La preuve de l’identité électronique doit être plus conviviale. Les projets de loi devraient être examinés par un « contrôle numérique ». En outre, la politique devrait réformer le fédéralisme « afin de désenchevêtrer l’État fédéral, les Länder et les communes pour les adapter au numérique ».

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