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etoile de david

Gap : une handicapée agressée à cause d’un drapeau israélien

Bernard Fauvel, le directeur général de l’établissement de service et d’aide par le travail (ESAT) La Source, à Gap, est choqué, indigné. Mardi soir, à 19h45, en marge de la manifestation pour l’arrêt des frappes d’Israël à Gaza qui avait réuni entre 200 et 300 personnes, dont beaucoup de jeunes, l’une de ses ouvrières a été agressée dans son appartement, rue Bayard. Son éducatrice spécialisée, présente à ses côtés à ce moment-là, a assisté à la scène. Les deux femmes n’ont été touchées par aucun projectile.

« De nombreuses investigations sont actuellement diligentées par la brigade de sûreté urbaine du commissariat de Gap pour déterminer avec précision les faits qui ont été commis et en identifier les auteurs », indique le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, ce mercredi après-midi. Il en profite pour rappeler que, « pour des faits d’injures publiques à caractère antisémite, la loi prévoit notamment des peines de 6 mois d’emprisonnement et de 22.500 euros d’amende. Pour des faits de violences n’ayant entraîné aucune blessure, commises à raison de l’appartenance vraie ou supposée de la victime à une race ou une religion, la loi prévoit notamment les peines de 3 ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende. Ces peines peuvent aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement en fonction de la gravité des blessures et des autres circonstance aggravantes (avec arme, en réunion ou sur personne vulnérable par exemple). »

Après avoir pénétré dans le sas de l’immeuble, avoir tenté de défoncer la porte encodée à coups de pied, en vain, de nombreux jeunes, dont certains étaient encagoulés, ont caillassé l’appartement de cette handicapée, ont lancé des pétards, proféré des insultes et des menaces de mort à son endroit. Il y avait déjà eu un précédent lundi soir, des insultes, des jets de pierres, mais la bande n’était composée que d’une dizaine de jeunes.

Pourquoi s’en sont-ils pris à elle ? Selon Bernard Fauvel, ce qui pourrait être à l’origine de cette agression est le fait que la victime ait affiché à son mur un drapeau israélien à côté d’un Christ, « car elle trouvait ça joli ». Cette étoile de David était visible de l’extérieur. « Mon employée n’est ni juive, ni Palestinienne, elle n’a rien à voir avec ce conflit », s’insurge Bernard Fauvel qui précise que cette femme de 50 ans est catholique. « Quand bien même elle aurait affiché sa judaïté, il est intolérable qu’il se passe des choses comme ça », estime le directeur du CAT.

Cette terrible scène, qui a duré environ un quart d’heure, a pris fin lorsque la police est intervenue. Bernard Fauvel s’est lui aussi rendu sur place avec des collègues. « Il n’y avait plus personne, c’était calme. » Mais il a surtout trouvé deux jeunes femmes terrorisées. « On les a hébergées et on maintiendra cette situation tant que nécessaire », prévient Bernard Fauvel. La victime, son éducatrice et quelques voisins devraient aller porter plainte ce matin et le directeur du CAT devrait rencontrer le préfet cet après-midi.


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