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Embargo russe: des répercussions à craindre pour les productions haut-alpines

12 Août 2014 - 13:32

Dans les Hautes-Alpes, ce sont les arboriculteurs qui ont le plus à perdre. Avec l’annonce par la Russie de l’arrêt total des importations de lait, fruit, légumes, fromage, poissons, bœuf, porcs et volailles, c’est une véritable guerre commerciale qui est engagée. Dans un courrier adressé à François Hollande daté du 7 août dernier, Xavier Beulin, Président de la FNSEA, lui demande un rendez-vous afin de pouvoir « travailler sur des pistes d’actions permettant d’anticiper et de réduire l’impact de cette décision russe sur les agriculteurs français », et ce, sans attendre les résultats de l’Organisation Mondiale du Commerce. Car en effet, la Russie étant membre de l’OMC, elle ne peut en principe pas prendre de mesures unilatérales de fermeture des marchés. Cependant, les processus OMC sont longs et complexes à mettre en œuvre… et les marchandises qui étaient prêtes à partir en Russie ne peuvent pas attendre pour se retrouver sur un marché européen déjà saturé dans de très nombreuses productions.

Le pire est à craindre pour la pomme

La situation est particulièrement inquiétante pour les fruits et légumes. Après la pêche-nectarine et ses prix complètement effondrés en raison d’un engorgement du marché, le pire est à craindre pour la pomme, sur laquelle la Pologne, gros exportateur vers la Russie, attend une récolte abondante.

Pour les Hautes Alpes, la FDSEA  craint fortement les effets indirects de ce boycott. « La Pologne prévoit une récolte de 3.5 millions de tonnes pour cette année quand la France en produit 1.5 millions. Et cette année, la récolte haut-alpine et française s’annoncent très bonne ce qui va provoquer irrémédiablement un engorgement du marché et une baisse des prix comme avec les pêches et les nectarines. En plus de ce risque très court terme, il est à craindre la confiscation des parts de marchés européennes au profit de l’Asie ou de l’Amérique Latine, qu’il sera ensuite très difficile de reconquérir. »

Enfin, alors que l’Europe était de moins en moins encline à intervenir sur les marchés, la commission européenne vient de décider des mesures exceptionnelles de soutien pour les producteurs de pêches et nectarines, et M. Ciolos, le commissaire européen en charge de l’agriculture a même annoncé :« Nous suivons de près les marchés et je n’hésiterai pas à faire de même pour aider d’autres secteurs dépendants des exportations vers la Russie, si nécessaire». Les producteurs haut-alpins espèrent qu’il en soit ainsi pour la pomme, notamment…

Reste que la Russie importe aujourd’hui 35% de sa consommation alimentaire. Les consommateurs russes accepteront-ils longtemps d’être face à des étals vides ?

(Source: FDSEA)