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expo première guerre mondiale Passerelle

Les visages de la Première Guerre Mondiale, à voir à La Passerelle

7 Sep 2014 - 10:32

Avant d’être des soldats, ils étaient des gens d’ici… Et ici vivaient leurs familles. Conçue comme un double portrait, l’exposition « Avant /Arrière » propose jusqu’au 4 octobre à La Passerelle une immersion photographique dans les Hautes-Alpes pendant la Première Guerre mondiale. 

Côté « avant », on trouve trente poilus des Hautes-Alpes, en pose devant un photographe ou saisis au front par un objectif amateur, soldats morts pour la France ou réchappés des conflits. Photos de groupe ou portraits individuels, ils témoignent de la dureté de la guerre, des instants de répits…

portrait avant

Côté « arrière », on découvre trente lieux ou personnages représentant l’effort consenti par les Haut-Alpins et les bouleversements nés de la guerre : deuil, soins aux blessés, travaux quotidiens…

portait arrière

Avec neuf millions de morts, la première guerre mondiale est avant tout une guerre de masse, où l’individu disparaît pour ne devenir qu’un « poilu » parmi tant d’autres. Mais pour la première fois, la guerre porte un visage, une multitude même. La photographie entre dans les tranchées et immortalise une partie de ces hommes, simples soldats et officiers, qu’ils soient identifiés ou anonymes.

Ces photos disent parfois la misère du poilu, sa fierté de combattre et d’être en vie, sa lassitude ou sa peur d’être oublié des siens. Ces clichés servent à rassurer les familles et témoignent des bons moments entre « camarades ». Tous ont leur force particulière qui rend plus humain le sort des quelque 4 300 Haut-Alpins qui ne reviendront pas du front et des innombrables « gueules cassées ».

Cette exposition fait le choix de présenter trente de portraits, modeste fraction des poilus haut-alpins. Ces photographies proviennent presque toutes d’archives familiales, prêtées aux Archives départementales pour l’occasion. Présentées sans fard et selon la logique républicaine de la stricte égalité entre les hommes, elles n’ont pas été choisies pour raconter la guerre. Elles n’ont d’autre ambition que de frapper les esprits pour rappeler que ces hommes étaient des gens d’ici avant d’être des soldats.

Le 2 août 1914, lorsque la France mobilise, ce sont d’abord les soldats qui sont touchés, puis leurs familles. Très vite, c’est le pays tout entier qui est mobilisé : ses hommes, ses infrastructures, son économie. Quoique situé loin des combats, le département des Hautes-Alpes participe donc à la guerre et en subit les conséquences. La vie se réorganise, que ce soit pour pallier le départ des hommes, accueillir les blessés ou réfugiés, ou encore pour maintenir le lien avec les soldats.

Comme partout ailleurs, la guerre ne change pas seulement les conditions matérielles de la vie. Elle change aussi les mentalités, le rapport au père, au frère, au mari ou à l’ami absent. La place des femmes change également, le temps de la guerre tout du moins. Elle change aussi le paysage avec la construction des monuments aux morts.

Cette exposition propose un aperçu très subjectif de cette vie à l’arrière à travers trente photos. Celles-ci représentent quelques conséquences de la guerre sur notre territoire, l’engagement de ceux qui sont restés à l’arrière ou les liens qui continuent de les unir à leurs poilus. Le texte qui les accompagne n’est là que pour aider le spectateur à les comprendre. L’imagination fait le reste.


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