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filière bois

Le préfet veut organiser la filière bois et lui trouver des niches de développement

17 Oct 2014 - 17:35
Le préfet était entouré du sous-préfet de Gap François Drapé et du président de la CCI Maurice Brun. En face de lui, deux entrepreneurs lui ont expliqué leurs difficultés quotidienne à gérer une entreprise.
Le préfet était entouré du sous-préfet de Gap François Drapé et du président de la CCI Maurice Brun. En face de lui, deux entrepreneurs lui ont expliqué leurs difficultés quotidiennes à gérer une entreprise.

Le préfet Pierre Besnard a visité deux entreprises dans la zone artisanale du Boutariq, à Veynes puis à Montmaur. Au milieu des palettes de bois empilées de la Scierie des Alpes du Sud, il a été question de développement de la filière bois, grand chantier qu’entend mener Pierre Besnard. Est-ce lié à la menace de la centrale biomasse de Gardanne qui courtise les communes forestières et les propriétaires privés des Hautes-Alpes en vue de leur acheter du bois ? C’est un peu le hasard du calendrier, répond le préfet qui avoue s’être intéressé à la filière bois lorsqu’il a visité l’Idem (Institut des métiers), peu après son arrivée dans le département. « Ici, il y a des matières premières mais on ne les transforme pas. Est-ce qu’il n’y a pas une ou deux niches de développement à trouver ? » Pour lui, le maintien de l’emploi durable, non saisonnier ou précaire, passe par cette démarche.

« Il faut aller chercher des marchés avec les dents »

Le préfet croit beaucoup en cette filière qui a le vent en poupe. « Il ne faut pas rater le coche », estime-t-il. Il espère réunir tous les acteurs autour de la table pour réfléchir sur le sujet et les moyens d’organiser la filière, et étudier les débouchés possibles. Le préfet a d’ailleurs émis l’idée d’embaucher un ou deux commerciaux qui travailleraient pour la filière bois, dans le but de démarcher. « Il faut aller chercher des marchés avec les dents », glisse-t-il. « C’est dur de travailler en commun alors qu’on est en concurrence sur les appels d’offres », lui oppose M. Garcin, dont la société de construction de maisons à ossature bois se trouve sur cette même ZA du Boutariq. « Ce n’est pas parce qu’on est concurrent qu’on ne peut pas s’organiser », réplique Pierre Besnard.

Les entrepreneurs dénoncent les freins aux initiatives de développement

Difficile de convaincre des entrepreneurs qui semblent découragés par les normes qu’on leur impose, les lourdeurs administratives et la politique gouvernementale. Damien Gandelli, dirigeant de la Scierie des Alpes du Sud, fait observer qu’il existe beaucoup de freins aux initiatives que pourraient prendre les chefs d’entreprise. Et M. Garcin d’énumérer tout ce qui constitue pour lui des aberrations : la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires, le fait pour un conducteur d’engins de repasser le Caces tous les cinq ans, de faire passer une visite médicale tous les deux ans aux salariés, les manœuvres interdites aux apprentis… « Il faut simplifier le code du travail, sinon on va tous crever ! », lâche M. Garcin. Pierre Besnard tempère les allégations de son interlocuteur en évoquant le plan de relance de l’apprentissage du gouvernement, le travail autour de l’allègement des normes. Il défend la refiscalisation des heures supplémentaires pour relancer l’embauche. « Les 35 heures, tout le monde les a critiquées mais personnes ne les a abrogées », ajoute le préfet au passage. Il se dit prêt à faire remonter toutes les doléances de ces entrepreneurs à l’administration centrale et à les aider dans leurs projets, avec le concours des organismes bancaires, de Pôle Emploi, de la Direccte… « Vous êtes entrepreneurs, vous avez fait un pari. Mon but est de vous faire faire un deuxième pari dès lors qu’il est gagnant », résume Pierre Besnard.

Des états généraux du bois dans les Hautes-Alpes au printemps 2015
Un groupe de travail thématique « filière bois » a été constitué afin d’apporter une aide à l’accompagnement et au soutien de la filière bois dans les Hautes-Alpes. Il se réunira en novembre, avec pour mission de réaliser un diagnostic de cette filière et de définir des axes de travail (emploi, formation, innovation, promotion etc…) ainsi qu’un plan d’actions à mener en 2015, présenté à l’occasion d’états généraux du bois au printemps 2015. Il fera également l’objet d’un point d’étape à mi-parcours en juin 2015 et d’un bilan en fin d’année 2015.


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