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Tribunal (4)

Infanticide de Puy-Saint-Vincent : « Je ne savais pas quoi faire », dit l’accusée

Accusée d’avoir tué son bébé à la naissance, le 12 février 2012 dans un hôtel de Puy-Saint-Vincent où elle travaillait, Coralie, 30 ans, a été incapable d’expliquer son geste, ce jeudi, devant la cour d’assises des Hautes-Alpes. Elle est souvent restée silencieuse ou a répondu brièvement aux questions sur sa grossesse cachée et sur l’infanticide en lui-même, qu’elle reconnaît. Le verdict est attendu ce vendredi.

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L’accusée indique avoir découvert sa grossesse alors que la saison touristique battait son plein, à l’été 2011. « En septembre, quand on a fini la saison, je me suis aperçue que c’était trop tard pour avorter », explique-t-elle au président. « Tant pis, je garde l’enfant. »

Interrogée sur les faits, elle indique que « ça a été très dur, ça a été très vite surtout. Il est sorti dans les toilettes. Je suis descendue dans la cuisine, j’ai coupé le cordon. Je ne savais pas quoi faire. Je suis sortie. Je me suis débarrassée du petit. Je suis revenue à l’hôtel. J’ai nettoyé le sang à la cuisine. Ma patronne et son copain sont arrivés et ils ont appelé l’hôpital. »- « Vous ne vouliez pas de cet enfant ? » questionne le président.
– « Non. »
– « Pourquoi ne pas avorter ? Pourquoi ne pas accoucher sous X ? »
– « Tout ce que je peux dire, c’est que c’est dur pour moi. Je ne peux pas répondre. Ca fait deux ans que je me rends malade », lâche-t-elle, en pleurs.

Tout son entourage ignorait sa grossesse. « Mon ventre a un peu grossi, mais je n’ai pas changé de taille de pantalon, et je n’ai pas eu de symptômes », explique-t-elle. Le père de l’enfant, qui s’était séparé d’elle avant l’été mais qui travaillait à ses côtés dans cet hôtel-restaurant, a appris cette grossesse lors de son audition par les gendarmes, à la suite des faits. Il a aussi découvert pendant l’enquête qu’elle avait avorté deux ans plus tôt, alors qu’elle était enceinte de lui. « J’ai eu du mal à croire ce que j’entendais, j’étais chamboulé », indique cet homme de 29 ans, qui s’est constitué partie civile. « Je ne comprends pas. Je veux me battre pour mes fils. »

Me Charmasson, avocat de l’accusée, insiste sur le déni de grossesse de sa cliente. Et suggère que, ce soir-là, elle voulait précisément se rendre à l’hôpital pour accoucher sous X. « Je voulais y aller mais c’est arrivé trop vite », lance l’accusée. « Vous n’en avez jamais parlé jusqu’ici, même si vous aviez dit que vous vouliez accoucher sous X », remarque le président. « A minuit, si on prend sa doudoune et ses clés, c’est bien pour aller à l’hôpital », avance l’avocat de la défense. « On peut aussi le faire parce qu’on a accouché et qu’on veut se débarrasser du bébé », objecte l’avocate générale.


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