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Travaux Céüze3

Céüze : qui va payer les travaux engagés sur le « mur des Marseillais » ?

Travaux CéüzeCéüze, la station historique du Gapençais, a engagé des travaux conséquents, cet automne. A l’origine, il s’agissait de faire réaliser l’inspection obligatoire des 30 ans du téléski du Marseillais par l’entreprise Trame, soit un coût approchant les 86.000€. Mais le 16 juillet dernier, le Sivu (Syndicat intercommunal à vocation unique) Gap-Céüze, qui réunit les communes de Manteyer (80%) et de La Roche-des-Arnauds (20%) pour la gestion de la station, a décidé d’en profiter pour réaliser des travaux de terrassement de piste et démonter le téléski du Marseillais 2 qui n’était plus exploité. L’enveloppe a grimpé à 269.000€. « L’objectif était de supprimer la bosse peu après le départ, qui constituait un blocage pour les débutants », explique Guy Jullien, premier adjoint au maire de Manteyer et président du Sivu.

Parallèlement, la commune de Manteyer a procédé à la rénovation complète de la terrasse de la caisse des remontées mécaniques et du poste de secours pour 54.000€ hors taxes. « C’est la commune qui a réalisé ces travaux car ce local lui appartient, même s’il est mis à disposition du Sivu », précise M. Jullien.

120.000€ de dettes et la perspective d’un emprunt d’environ 90.000€

Reste que cela fait beaucoup pour une station dont les comptes sont dans le rouge depuis plusieurs années. L’hiver dernier, malgré un bon enneigement et des résultats en hausse, « nous avons terminé un peu dans le rouge », reconnaît Guy Jullien. Le Sivu a donc eu recours aux avances de trésorerie consenties par la commune de Manteyer (20.000€) et la communauté de communes Buëch-Dévoluy (CCBD), à hauteur de 100.000€. Des avances que le Sivu serait bien en mal de rembourser… A tel point que le conseil municipal de Manteyer a adopté une délibération pour transformer l’avance en subvention, opération dont le préfet a soulevé l’illégalité.

Pour le chantier du « mur des Marseillais », le Sivu a sollicité un financement de 44% de la part du Conseil général et de 30% de la Région. « J’ai toujours dit qu’on devait soutenir cette station historique dès lors que les investissements restaient mesurés », indique le sénateur Jean-Yves Dusserre, président du Conseil général. Le Département devrait voter, ce vendredi, une première partie de subvention d’environ 55.000€, puis une seconde en janvier. « L’objectif est d’aider Céüze à hauteur de 100.000€ », précise M. Dusserre. Soit environ 37% du montant.

Contrairement à ce qui avait été indiqué dans un premier temps, la Région a également voté une participation de 80.000€, selon Jean-Marie Bernard, président de la CCBD. « La Région a financé l’étude de repositionnement de Céüze », souligne Bernard Jaussaud, vice-président du conseil régional. « Elle s’était engagée à être présente sur des investissements dans la mesure où ils permettraient d’aller vers du tourisme 4 saisons. Mais la Région avait fait savoir qu’elle ne s’impliquerait pas sur les travaux de piste. » Elle a néanmoins décidé de financer ces travaux.

« Les travaux sont financés à hauteur de près de 70% par le Département et la Région », souligne M. Bernard. Il restera donc environ 89.000€ à la charge du Sivu. « Nous allons puiser à nouveau dans la trésorerie et nous aurons recours à l’emprunt », indique Guy Jullien.

Le préfet Pierre Besnard :
« Parfois, il faut forcer un peu le destin… »

Or, le Sivu Gap-Céüze est en sursis. Créé en 1986, il aurait dû être dissous au 1er janvier dernier. Il avait obtenu un premier sursis préfectoral jusqu’au 31 mars pour tenir compte de la saison d’hiver. Un nouveau et ultime sursis a été accordé jusqu’au 31 mars 2015. « Tant que ce n’est pas l’intercommunalité qui prend la gestion en charge, il faut bien avancer », commente le préfet, Pierre Besnard. « Il y a des choses à faire à Céüze, et il y a une chose à ne pas faire, c’est de n’en faire qu’une station de ski. Je ne voulais pas qu’on dise qu’avec la création de la nouvelle intercommunalité, Céüze allait fermer. J’ai accepté de prolonger le SIVU pour que la station puisse fonctionner cette saison. Mon souci, ce sont les finances. Il faut payer les salaires et les travaux, mais ça va pousser les élus à agir. Parfois, il faut forcer un peu le destin… »

« Notre avenir, nous le voyons à travers la CCBD », indique Guy Jullien. « Jean-Marie Bernard (président de la CCBD, NDLR) a bien compris notre situation. Il va chercher à l’élargir à d’autres intercommunalités autour de Céüze. Cette station a quand même un intérêt régional. »

Pour l’heure, la CCBD n’a pas encore tranché, mais son président voit mal « comment elle pourrait faire autrement que d’intégrer les activités du Sivu, qui va être dissous. Nous prendrons nécessairement la compétence de la gestion hivernale de la station. Ensuite, il faudra que nous ayons le débat sur le repositionnement de Céüze, et que nous déterminions si nous nous engageons dans ce chantier. Cela dépendra aussi du périmètre de l’intercommunalité, puisqu’il pourra évoluer d’ici douze à dix-huit mois, en fonction de la réforme engagée par le gouvernement. »


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