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Jean-Yves Dusserre et Maurice Brun, les chefs d'orchestre de la soirée.Jean-Yves Dusserre et Maurice Brun, les chefs d'orchestre de la soirée.

Nuit du tourisme : du poil à gratter et des pistes pour doper l’attractivité

20 Nov 2014 - 10:29

Quatre cents personnes, parmi lesquelles des professionnels du tourisme, des élus, des représentants de l’Etat et du monde économique, ont assisté, ce mercredi au Quattro, à la deuxième Nuit du tourisme, consacrée au lancement de l’agence départementale de développement économique et touristique. Cette soirée était conjointement organisée par la CCI et le conseil général.

Un certain nombre d’intervenants ont exposé leur diagnostic, leur vision stratégique pour développer le territoire et les espoirs qu’ils fondent dans cette nouvelle agence. Pour Joël Gayet, enseignant chercheur à Sciences po Aix et directeur de la chaire « attractivité et marketing territorial », la création de cette agence va dans le bon sens et très peu ont sauté le pas en France, alors qu’ils sont 150 à l’avoir fait dans le monde. « Tous les gens qui réussissent ont créé une stratégie transversale », assure-t-il. Il a été très fortement question dans la soirée des concurrentes et voisines deux Savoie. « Savoie-Mont-Blanc devient globale et n’a qu’une seule marque. » Les Hautes-Alpes pourraient s’en inspirer selon lui en instaurant une marque partagée, sans logo ni charte graphique contraignants, simplement une boîte à idées avec toute une série de labels dans laquelle entreprises, professionnels du tourisme, acteurs culturels et autres pourraient piocher. Joël Gayet estime que les points forts des Hautes-Alpes doivent être assemblés pour constituer un fil rouge et permettre ainsi au département de devenir puissant. Le chercheur a pris l’exemple de Lyon devenue référence mondiale de la lumière grâce à la fameuse fête du même nom, en capitalisant autour de « cet écosystème d’excellence ».

Luc Alphand :
« Il faut arrêter
d’avoir des complexes »

Pour le directeur général délégué de Safran et adjoint au maire de Veynes, Marc Ventre, le potentiel ne manque pas dans le département et il y a d’ailleurs « beaucoup plus d’entreprises que l’on ne croit », « des formations de qualité dont Polyaéro, la prépa aux grandes écoles commerciales du lycée Dominique-Villars » et un « enclavement relatif ».

Mais tout de même, « on a du mal à situer les Hautes-Alpes ». Le champion de ski Luc Alphand raconte qu’il est obligé de reprendre ses interlocuteurs à maintes reprises dans la mesure où il l’appellent « le Savoyard ». « Il faut arrêter d’avoir des complexes par rapport aux autres. On a des gens compétents. Il faut être créatif et communiquer, être malin. C’est d’autant plus important pour nous, petits. »

La compagnie de théâtre Impertinence est revenue sur ces failles, sur les clichés qui collent à la peau des Hautes-Alpes, à travers ses sketches qui ont émaillé la soirée. « En chacun de nous, résident des marges de progrès considérables », reconnaît le président de la CCI Maurice Brun qui rêve, à travers cette agence, d’une meilleure « visibilité, communication et attractivité du territoire ». Le président du conseil général, Jean-Yves Dusserre, ajoutera les mots « réactivité » -« le temps administratif est trop long, il faut saisir les opportunités immédiatement »- et « créativité ».

Qu’est-ce que l’Agence départementale de développement économique et touristique ?

C’est le regroupement du Comité départemental du tourisme, de Hautes-Alpes développement et des services tourisme, économie et agriculture du conseil général. Son siège est installé à Gap, dans l’immeuble Le Lombard. Vingt-cinq personnes y travaillent.
Ses objectifs : rayonner, promouvoir les sites, entreprises, produits et savoir-faire, attirer les visiteurs, entrepreneurs et capitaux, fédérer, structurer, développer les filières stratégiques (tourisme, agriculture/agroalimentaire, BTP, aéronautique, énergies renouvelables et éco-construction, numérique), favoriser l’innovation.
Son budget : entre 3 et 3,5 millions d’euros, financés par la Région, le Département, les communes et intercommunalités, les organisations professionnelles, les chambres consulaires, les entreprises et un fonds d’intervention public/privé.
Sa gouvernance : le Département garde la majorité et la présidence revient de droit au président du Conseil général.


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