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Manifestation à Veynes

Education prioritaire : manif à Veynes, protestations du Conseil général et de la FCPE

17 Déc 2014 - 18:53

Une nouvelle manifestation s’est déroulée, ce mercredi après-midi, dans les rues de Veynes pour dénoncer la sortie du collège François-Mitterrand du dispositif d’éducation prioritaire. Plus d’une centaine de personnes ont défilé (photo Laurent Eyraud-Chaume) pour réclamer le maintien du collège de Veynes dans un réseau d’éducation prioritaire (Rep). Le 9 décembre, 70 enseignants et parents d’élèves avaient déjà manifesté devant l’inspection académique à Gap.

La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a confirmé, ce mercredi, la liste des 1090 collèges retenus pour le nouveau dispositif des Rep, qui va se substituer aux Zep. Dans les Hautes-Alpes, seul le collège des Hauts de Plaine, à Laragne-Montéglin, restera classé dans ce dispositif, tandis que les collèges de Serres, Veynes et L’Argentière-la-Bessée vont en être exclus. Les élus de la majorité du Conseil général disent leur « incompréhension », tandis que les parents d’élèves de la FCPE dénoncent un « funeste arbitrage ».

Dans un communiqué commun, Jean-Yves Dusserre, sénateur et président du Conseil général, Jean-Michel Arnaud (premier vice-président en charge de l’Education) et les quatre conseillers généraux de la majorité concernés par la réforme, Gérard Tenoux (Rosans), Jean-Luc Lombard (Aspres-sur-Buëch), Michel Roy (Serres) et Jean-Marie Bernard (Dévoluy), estiment qu’il s’agit d’un « mauvais coup porté aux familles, aux élèves, à la communauté éducative mais aussi à l’avenir de nos territoires ruraux de montagne à l’image du Buëch où deux collèges vont sortir du dispositif ». Par la voix de Jean-Michel Arnaud, la majorité départementale considère qu’il « n’est pas concevable de voir le gouvernement déshabiller le réseau haut-alpin pour pouvoir habiller certains autres territoires, notamment ceux des grandes agglomérations. Fini donc les classes à effectifs limités et les équipes éducatives stables ! Ces choix sont pour nous inacceptables car ils vont générer une régression et créer de nouvelles inégalités. »

La nouvelle carte « génère des reculs
et crée des inégalités », selon la FCPE

Les parents d’élèves de la FCPE ne disent pas autre chose : « Alors qu’il aurait été nécessaire d’ajouter aux réseaux actuels celui du collège Mauzan à Gap, la nouvelle carte du dispositif Rep des Hautes-Alpes ne retient plus que le collège de Laragne et certaines écoles de ce bassin. Ce funeste arbitrage réalisé par le recteur d’académie est la conséquence d’une enveloppe bloquée par le ministère à hauteur de 62 réseaux prioritaires pour la totalité de l’académie d’Aix-Marseille. L’école républicaine peut-elle démunir les zones les plus sensibles des Hautes-Alpes? »

La FCPE des Hautes-Alpes s’oppose à la nouvelle carte de l’éducation prioritaire, qui « génère des reculs et crée des inégalités ». La fédération « demande de maintenir et de développer les dispositifs pédagogiques qui ont fait leurs preuves dans les territoires sensibles : classes à effectifs limités ; scolarisation des moins de 3 ans ; équipes éducatives stables ; dispositifs «Plus de maîtres que de classes» ; existence de projets éducatifs innovants ; maintien du niveau de liaison entre les groupes scolaires du 1er degré et le collège… »

Quant à la députée Karine Berger, tout en soulignant que « la réforme de la politique d’éducation prioritaire est nécessaire pour permettre de consacrer les moyens financiers et humains de l’Education nationale dans les territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés sociales », elle émet « les plus grandes réserves sur le bien-fondé du déclassement de trois établissements du secondaire et des écoles rattachées » des Hautes-Alpes, « n’ayant pas eu accès, à cette heure, aux éléments constitutifs des différents paramètres de l’indice social pour chacun des établissements haut-alpins ».


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