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Le président honoraire du FN était à Gap dans le cadre de sa campagne pour les européennes. A sa gauche, Martine Lelievre-Maaziz, secrétaire départementale du FN.Le président honoraire du FN était à Gap dans le cadre de sa campagne pour les européennes. A sa gauche, Martine Lelievre-Maaziz, secrétaire départementale du FN.

Gap : Le Pen en campagne pour les européennes… sans en parler

Les forces de l'ordre avaient été très largement déployées dans le cadre de la venue de Jean-Marie Le Pen à Gap.
Les forces de l’ordre avaient été très largement déployées dans le cadre de la venue de Jean-Marie Le Pen à Gap.

La police et les CRS avaient été très largement mobilisés pour la venue du président honoraire du Front national Jean-Marie Le Pen. Toutes les entrées possibles à Gapotel avaient été quadrillées et les 350 manifestants anti-FN tenus à bonne distance. Sans compter la garde rapprochée de M. Le Pen autour et dans l’hôtel qui filtrait les entrants et les laissait monter au compte-goutte au 4e étage, là où se déroulait la conférence de presse. Parmi eux, des sympathisants et des journalistes, la bête noire des militants d’extrême droite. « Mélenchon, Mélenchon ! », lançaient certains à la vue des cartes de presse.

Avant de déjeuner avec les militants, Jean-Marie Le Pen a accordé une heure aux journalistes dans le cadre de sa campagne pour les élections européennes en tant que tête de liste pour le grand Sud-Est. A vrai dire, il a été très peu question d’Europe au cours du monologue de l’homme politique qui manie toujours aussi bien le verbe, entre digressions, anecdotes personnelles, le tout conforté par une culture générale certaine. M. Le Pen a abordé les thèmes habituels chers à son parti : les affres de la mondialisation, de l’ouverture des frontières, et de l’immigration.

« Je pense que Marine Le Pen sera présidente de la République en 2017 »

« Je pense que Marine Le Pen sera présidente de la République en 2017, mais je ne voudrais pas que ce soit sur un domaine dévasté. C’est pourquoi nous procédons à la mobilisation de nos troupes », a-t-il confié. Pour lui, « le Front national est probablement le troisième parti français et sans doute le premier, il le démontrera, aux européennes. J’espère faire passer cinq colistiers. » Première allusion à ces échéances électorales au bout d’une bonne demi-heure de discours.

L’e-media 05 lui fait d’ailleurs remarquer qu’il n’a que très peu abordé la question, alors qu’il est à Gap pour cette raison. M. Le Pen ne répondra que partiellement, s’appuyant sur une anecdote : « En 1945, j’avais 17 ans, j’étais assez pour une union des peuples européens. J’ai certainement été le premier à lancer une opération humanitaire européiste lorsqu’en 1953, une terrible inondation frappe la Hollande. J’étais alors président des étudiants en droit de Paris et j’avais assez de culot pour appeler la présidence de la République. Vincent Auriol, qui avait été lui aussi président des étudiants en droit, m’a répondu ! On a reçu une aide de l’armée en rations et équipements militaires. Nous sommes restés trois semaines. Pourtant, en 1957, alors député, j’ai voté contre le traité de Rome. » Jean-Marie Le Pen trouvait « fou, stupide et même criminel » de vouloir faire les Etats-Unis d’Europe, lui qui croit « aux vertus de la nation, protectrice de notre identité, de notre culture, de notre prospérité, de notre sécurité… Dans l’Union européenne, ces valeurs sont en voie de désintégration. L’Euroland est l’endroit du monde où la croissance est la plus faible. Nous avons abandonné notre souveraineté, nos frontières », ce qui, pour lui, a pour conséquences de « laisser entrer des torrents migratoires » et de ne pouvoir lutter contre la main d’œuvre à bas coût pratiquée dans certains pays.

« Codex, je croyais que c’était un médicament ! »

Au sujet des 350 manifestants mobilisés contre sa venue, le président honoraire du FN estime qu’ils servent sa cause. Il fait sienne la doctrine : « Qu’on en parle en bien, qu’on en parle en mal, l’essentiel c’est qu’on en parle ! ». Il trouve tout de même « curieux qu’ils manifestent contre la seule organisation qui soit innocente par rapport à ce qui leur arrive ». A ce moment-là, M. Le Pen prend connaissance du tract du Codex (collectif départemental contre les idées d’extrême-droite) tendu par la secrétaire départementale du FN Martine Lelièvre-Maaziz. « Codex, je croyais que c’était un médicament ! », s’amuse-t-il. « Relents nauséabonds ! », s’exclame-t-il en lisant le tract. « Font-il allusion au docteur Drucker dans les camps de concentration ? A moins que ce ne soit la francisque de Mitterrand donnée par Pétain ? » Toujours aussi inébranlable et prompt à dégainer une petite phrase, Jean-Marie Le Pen.

Les cinq premiers candidats de la liste FN grand Sud-Est aux européennes :
1. Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du FN, conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, parlementaire européen
2. Marie-Christine Arnautu, cadre commercial chez Air France-KLM, candidate à la mairie de Nice en 2014, ex-conseillère municipale de Vitrolles, ex-conseillère régionale d’Ile-de-France, vice-présidente du FN
3. Bruno Gollnisch, avocat, professeur de langue et civilisation japonaises à Lyon, parlementaire européen, président du groupe FN au conseil régional Rhône-Alpes
4. Mireille d’Ornano, en charge du recouvrement chez MT2I (médecine du travail interentreprises de l’Isère), candidate à la mairie de Grenoble en 2014
5. Dominique Martin, administrateur de société, conseiller régional de Rhône-Alpes, conseiller municipal de Cluses (74)


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