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Thibault Lanxade

UPE 05 : Thibault Lanxade (Medef) veut s’attaquer aux 35 heures

14 Mai 2014 - 15:25
Le premier invité de Boris Perdigon était Jean-Luc Monteil, président de l'UPR-Medef Paca.
Le premier invité de Boris Perdigon était Jean-Luc Monteil, président de l’UPR-Medef Paca.

L’assemblée générale de l’Union pour l’entreprise des Hautes-Alpes (UPE 05) mardi soir a fait la part belle à l’intervention de deux personnalités.

Boris Perdigon, le président de l’UPE, recevait d’abord Jean-Luc Monteil, président de l’Union patronale régionale et du Medef Paca. Il est revenu sur la réforme territoriale « indispensable », jugeant que ce « millefeuille » fait de la France la risée de l’Europe « avec une administration qui a deux siècles ». « En France, nous avons 36.767 communes, soit 40% de la totalité des communes de l’Europe ! Et 600.000 élus, soit presque un mandat électif pour 100 habitants ! » Jean-Luc Monteil a insisté sur le fait que ce système coûtait 20 milliards d’euros par an au contribuable, « sans avoir une qualité de service supplémentaire ».

Le président de l’UPR et du Medef Paca a annoncé ensuite la diffusion sur France 2 et France 3 d’un programme court intitulé « Beau travail » pour présenter 115 métiers en tension ou peu connus et donner des idées aux jeunes en mal d’orientation, « au lieu d’aller chercher de la main d’œuvre en Espagne, au Portugal, en Roumanie… »

Pacte de responsabilité : « On est loin du compte »

Le deuxième invité de la soirée était Thibault Lanxade, président du pôle entrepreneuriat et croissance du Medef. D’entrée de jeu, l’intervenant a commenté le pacte de responsabilité : « On est loin du compte », estime-t-il. « On parle de 30 milliards d’allègement de charges pour les entreprises, ce n’est pas nul pour les PME, mais c’est insuffisant pour créer un choc. Quant à la partie fiscalité, là aussi c’est un jeu de Mikado. On supprime la C3S (une contribution payée sur le chiffre d’affaires, NDLR). C’est intelligent mais insuffisant. Et la suppression de la surtaxe de l’impôt sur les sociétés ne concerne que les grands groupes. Le gouvernement n’a pas bien compris la situation. Les grands groupes partent de France, là où il y a une meilleure attractivité fiscale. Sur les TPE/PME, les 64.000 défaillances d’entreprises sont très préoccupantes », juge Thibault Lanxade qui résume ainsi : « Le gouvernement doit aller plus loin, plus vite, plus fort ». Selon lui, le gouvernement pourrait envoyer un message fort au monde de l’entreprise en s’attaquant à la durée légale du temps de travail : « Nous sommes le seul pays en Europe à avoir légiféré sur le temps de travail ». Pas question pour ce chef d’entreprise de revenir aux 39 heures. « Il faut entamer une discussion au niveau des branches qui pourraient mieux adapter la durée du travail à leurs besoins. Ou alors privilégier les accords d’entreprise », propose-t-il.

Parmi les mutations à venir, Thibault Lanxade cite l’assèchement des financements pour les TPE/PME car « les banques vont revoir leurs ratios de fonds propres et de liquidités. Elles vont réduire leur poche de financement pour les TPE/PME. Il faut mettre la pression sur les banques pour qu’elles assument leurs responsabilités ». Alors qu’aujourd’hui 80% du financement est d’origine bancaire, pour le représentant du Medef, il faudrait que d’ici trois à quatre ans, il n’y ait plus que 50% de financement intermédié, complété par 50% de crédits autres. « Ces nouveaux mécanismes vont être difficiles à mettre en place en France, c’est culturel. On a été habitué à être seul dans notre business. Nous allons organiser des formations avec la bourse des PME », annonce-t-il.

Délais de paiement : « Il faut pénaliser »

Thibault Lanxade a émis ensuite le souhaite d’une « harmonisation fiscale et sociale en Europe » car il est « difficile de vendre en Allemagne et en Italie ». D’ailleurs, 70% des entreprises en France travaillent dans un rayon de 50 km.

Enfin, le représentant du Medef a abordé les délais de paiement : un trou de 15 milliards d’euros dans les caisses des PME à cause, entre autres, des grands groupes. Il faut « pénaliser », selon Thibault Lanxade. « On a fait une proposition : désormais, un grand groupe qui ne paiera pas en temps et en heure les PME sera dénoncé par le commissaire aux comptes. » Il confie aussi que l’Etat et les collectivités sont eux aussi à blâmer avec 6 milliards d’euros d’impayés aux entreprises. Thibault Lanxade propose que les PME puissent demander leur dû à la Banque publique d’investissement.

Deux nouveaux membres font leur entrée au conseil d’administration de l’UPE : Philippe Gérard et Etienne Toulemonde succèdent à Pierre Vollaire et Jean-Loup Cartier, qui ne se représentaient pas.


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