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Alpes du Sud : comment ERDF arrive à isoler, à distance, les pannes sur le réseau

Le temps moyen de coupures d’électricité a atteint 110 minutes en 2013 dans les Alpes du Sud, contre une moyenne de 76 dans la région Provence-Alpes du Sud. En cause, les fortes chutes de neige de mars 2013, qui avaient entraîné une coupure de 36 heures pour 8000 foyers des Alpes du Sud, mais aussi de violents orages durant l’été sur le plateau de Valensole et la région de Gréoux-les-Bains. Le « taux de disponibilité » du réseau est donc légèrement moins élevé dans les Alpes du Sud (97,91%) que dans l’ensemble de la région (Bouches-du-Rhône, Vaucluse et Alpes du Sud), où il est de 98,55%. L’objectif d’ERDF est de parvenir à une moyenne d’une heure de coupure par an.

Christian Pelletier, directeur territorial, et des agents d'ERDF réunis autour d'interrupteurs radiocommandés.
Christian Pelletier, directeur territorial, et des agents d’ERDF réunis autour d’interrupteurs radiocommandés.

Christian Pelletier, directeur territorial d’ERDF dans les Alpes du Sud, souligne cependant que « ce temps de coupure a été divisé par cinq en 30 ans. Aujourd’hui, lorsqu’un incident survient sur le réseau moyenne tension, des automates sont en mesure de rétablir le courant chez 70% des clients coupés en moins de 2 minutes et ce avant toute intervention humaine. » Ce programme d’automatisation du réseau, qui a connu un coup d’accélérateur en 2012 avec la mise en service de 170 organes de manœuvre télécommandés dans les Alpes du Sud, va se poursuivre en 2014 : 30 nouveaux interrupteurs radiocommandés seront installés. « Nous disposons actuellement de 700 organes radiocommandés sur le réseau des Alpes du Sud pour permettre d’isoler au plus vite la partie en difficulté depuis l’agence de conduite basée à Aix-en-Provence », précise M. Pelletier (voir la démonstration en vidéo ci-dessous). Les nouveaux équipements prévus cette année seront plus particulièrement installés dans des secteurs difficiles d’accès, notamment en hiver.

Une fois le secteur en panne isolé, les agents d’ERDF interviennent sur place avec un camion laboratoire qui est à même de détecter la panne avec une précision de moins d’un mètre.

Adapter le réseau, qui collecte aussi la production photovoltaïque

Lors de cette conférence de presse, Christian Pelletier a également abordé la transition énergétique et le développement des projets photovoltaïques dans les Alpes du Sud. « A ce jour, nous avons 200 MW installés (150 dans les Alpes-de-Haute-Provence et 50 dans les Hautes-Alpes) et 70 MW sont en cours d’installation », relève le directeur territorial d’ERDF. « La production des Alpes-de-Haute-Provence est supérieure aux besoins du département ! Il faut donc avoir les réseaux dimensionnés pour transporter cette électricité. Il nous faut à la fois investir pour renforcer les réseaux, qui servent à la fois à amener l’énergie aux consommateurs et à accueillir la production d’énergies renouvelables, et agir sur la maîtrise de la consommation. L’idée sera d’adapter la consommation en fonction de la production, par exemple en encourageant demain la mise en route de sa machine à laver à 15h, quand il y a du soleil et donc de la production photovoltaïque, plutôt que la nuit… »

Pour l’heure, Christian Pelletier a précisé que le réseau actuel des Alpes du Sud pourrait cependant absorber la production photovoltaïque de tous les projets en cours ou autorisés, qu’il s’agisse de Vitrolles ou du Chevalet, à Aspres-sur-Buëch.

Ce qui n’empêche pas ERDF d’investir pour entretenir et améliorer son réseau dans les Alpes du Sud : 23 M€ y ont été consacrés en 2013, dont la moitié en sous-traitance, « soit 100 à 120 emplois induits », souligne M. Pelletier. ERDF emploie pour sa part 272 salariés dans les deux départements, outre une quinzaine d’alternants.


Comment le réseau électrique des Alpes du Sud… par lemedia05


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