Partager sur Facebook Twitter Partager sur Google Plus
Buralistes (18)

Gap : le président national des buralistes dénonce le « marché parallèle » du tabac

12 Juin 2014 - 23:53

Le président de la Confédération nationale des débitants de tabac, Pascal Montredon, est venu « souffler le chaud et le froid », de son propre aveu, ce jeudi après-midi, face aux buralistes haut-alpins. Ceux-ci étaient réunis en nombre pour l’assemblée générale de leur chambre syndicale, à la CCI à Gap, sous la présidence de la Veynoise Dominique Arnaud, par ailleurs vice-présidente nationale, et en présence de Maurice Brun, président de la CCI.

De nombreux buralistes haut-alpins étaient présents, ce jeudi à la CCI.
De nombreux buralistes haut-alpins étaient présents, ce jeudi à la CCI.

« Nous demandons que le prix du tabac ne bouge plus, tant que les pays limitrophes n’auront pas des prix similaires, car cela favorise le marché parallèle », dénonce M. Montredon. C’est là le cheval de bataille du président national des buralistes, qui estime que « le marché parallèle représente 25% de la consommation. C’est une politique de santé bafouée, des recettes qui ne vont pas à l’Etat et un Etat de droit qui n’est plus respecté. » Pascal Montredon souligne le cas des ventes de tabac sur internet : « Ce serait simple de demander aux fournisseurs d’accès à internet de les bloquer, comme on le fait avec les sites de jeux non autorisés. J’ai l’impression que rien n’est fait contre le marché parallèle. On ne demande pas d’être des privilégiés, mais de pouvoir lutter à armes égales. »

Le président des débitants de tabac s’inquiète aussi de l’insécurité, sujet qu’il évoquera avec le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, la semaine prochaine : « Aujourd’hui, nous sommes le commerce le plus braqué et le plus cambriolé, devant les bijoutiers ! »

Côté « optimisme », Pascal Montredon souligne devant ses confrères que « le métier évolue et l’acte de fumer aussi. De nouvelles générations de cigarettes arrivent, sans combustion, avec une nocivité qu’on peut penser réduite, il y a les cigarettes électroniques avec ou sans nicotine, et les cigarettes conventionnelles. Nos rayons vont changer et il faut que nous nous positionnions là-dessus. »

M. Montredon se félicite aussi du « succès » des comptes Nickel, aujourd’hui proposés par trois buralistes des Hautes-Alpes. « 18.000 comptes sont ouverts et nous avons l’objectif d’en avoir 100.000 à la fin de l’année. Ce ne sont pas seulement les « interdits bancaires » qui en bénéficient mais aussi des personnes qui veulent commander sur internet avec la sécurité d’un compte au montant bloqué ou encore des personnes âgées qui veulent pouvoir faire des retraits en toute sécurité dans des endroits où il n’y a plus forcément de réseau bancaire, puisque 40% des buralistes sont en milieu rural. »

Sécuriser les bureaux de tabac

En 2012, une dizaine de bureaux de tabac des Hautes-Alpes ont été victimes d’agressions, de cambriolages ou de tentatives, en zone gendarmerie. Le nombre de faits était de trois en 2011 et un seul a été recensé en 2013. Les buralistes haut-alpins sont cependant incités à profiter des « référents sûreté » qui ont été formés au sein de la gendarmerie et de la police nationale, comme l’ont rappelé le capitaine Bertrand, de la direction départementale de la sécurité publique, et le chef Camus, du groupement de gendarmerie. Ces référents sont à même d’intervenir dans les commerces pour des consultations et des diagnostics écrits sur la prévention de la « malveillance ». En fonction de l’activité et de la configuration des lieux, cela peut aller d’une alarme à un dispositif d’éclairage extérieur, en passant par des barreaux aux fenêtres ou d’autres dispositifs. « C’est parfois une question de détails », a souligné le chef Camus. La vidéoprotection est aussi encouragée, y compris par des aides financières de l’Etat.


+ Sur le même sujet...