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Mgr Renato Mgr di Falco

Devant un proche de Jean-Paul II au Laus, Mgr di Falco tance ses prêtres pour leurs propos

23 Jan 2015 - 11:00


Mgr Renato Boccardo, archevêque de Spolète et Nursie, et proche collaborateur de Jean-Paul II pendant vingt ans, a animé une retraite internationale pour prêtres francophones, cette semaine, au sanctuaire de Notre-Dame du Laus. 35 prêtres, dont de nombreux curés du diocèse de Gap et d’Embrun, y ont participé autour du thème « Ravive le don spirituel que Dieu a déposé en toi ». Mgr Boccardo, qui est originaire de Suse, connaît bien le Laus, et s’y était notamment rendu en septembre 2007, alors qu’il était secrétaire général de la Cité du Vatican.

Mgr Boccardo est entré au service diplomatique du Saint-Siège en 1982. Il a notamment été nonce apostolique (représentant diplomatique du pape) en France. Il a aussi été l’un des principaux organisateurs des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de 1992 à 2000, puis responsable des voyages du pape à partir de 2001. Il a été secrétaire du Conseil pontifical pour les communications sociales de 2003 à 2005, avant d’être nommé secrétaire général de l’État du Vatican. Il est archevêque de Spoleto-Norcia (Italie) depuis 2009.

Mgr di Falco : l’âme de certains prêtres
« serait-elle aussi noire
que les clergymen qu’ils portent ? »

En ouvrant cette semaine, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d’Embrun, est revenu, dans son homélie, ce lundi, sur les attentats perpétrés à Paris, en mettant en garde les prêtres sur les paroles qu’ils peuvent tenir. « Une chrétienne engagée, présente à la journée des vœux diocésains qui a eu lieu le jour même de la prise d’otages, vendredi 9, m’a confié qu’elle s’est sentie obligée de quitter la table parce qu’elle ne pouvait plus supporter les propos non chrétiens tenus par des personnes à ses côtés, et parmi eux des prêtres ! » a lancé l’évêque. « Je ne sais pas ce qui s’est dit au cours de ce repas. Mais je me pose des questions sur l’image de Dieu, et l’image du sacerdoce, que ces prêtres portent en eux et véhiculent autour d’eux, lorsqu’ils donnent libre court à leurs pensées profondes et secrètes. Leur âme serait-elle aussi noire que les clergymen qu’ils portent ? Est-ce cela être prêtre selon le cœur du Christ ? »

Pour Mgr di Falco, les « trois tueurs ont eu la naïveté, pour ne pas dire la bêtise, de croire que l’on peut imposer la foi à coup de kalachnikovs ou de poignards. C’est oublier que seul l’amour peut ouvrir les cœurs à la foi. Ces événements dramatiques devraient donc nous inviter, nous chrétiens, à un retour sur nous-mêmes. Je dois, avouer avec tristesse, que trop souvent je ne perçois ni douceur, ni respect chez nous, mais bien plutôt l’arrogance, le manque d’écoute, une volonté agressive d’imposer une façon de voir et de penser, cela au sein des communautés chrétiennes, parmi les prêtres et même parmi les évêques, avec un sentiment abusif de posséder la vérité. La vérité n’est pas quelque chose que l’on possède mais plus modestement quelque chose que l’on essaye de vivre ! Faisons donc attention à nos paroles, à nos attitudes. Renouvelons nos manières de penser, d’agir, d’être au monde. Ne lançons pas des paroles qui tuent Dieu, qui tuent l’espérance et qui tuent l’amour. »

Voici l’enregistrement vidéo de l’homélie de Mgr di Falco Léandri (tourné par Agapé productions) :

Pour lire l’intégralité de l’homélie de l’évêque de Gap et d’Embrun


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