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CG 05 (2)

Patrick Ricou à propos de la dette : « M. Truphème a rempli le chariot, nous sommes passés à la caisse »


Le vote du budget primitif 2015 du Département, qui aura lieu ce vendredi matin au Conseil général, va donner lieu à de nouvelles joutes préélectorales entre opposition et majorité. Les deux groupes n’ont d’ailleurs pas attendu la session plénière puisque l’exécutif départemental, qui présentait ce budget ce mercredi matin à la presse, n’a pas manqué de répondre à l’opposition, qui l’avait accusé, ce lundi, d’avoir exagérément augmenté la dette.

« Nous avons une dette qui prend des proportions catastrophiques », avait dénoncé Christian Graglia, coprésident du groupe d’opposition. « En sept ans, elle a été multipliée par 3,5 voire 4! » Quant à l’épargne brute, elle sera de 16 M€ : « Elle n’a jamais été aussi basse depuis des années. Elle ne suffit même pas à faire face aux 19 M€ d’annuités que nous devons rembourser chaque année. »

« La dette est stabilisés depuis trois ans autour de 170 M€ », a expliqué Patrick Ricou, vice-président chargé des Finances. « C’est vrai qu’elle a beaucoup augmenté sur 2008-2009 pour une raison essentielle. Je ne veux pas m’éterniser sur le passe mais il faut rétablir les choses. Quand nous sommes arrivés aux affaires, en 2008, nous avons dû honorer des engagements pris par la majorité Truphème à hauteur de 100 M€. Pour prendre une image : M. Truphème a rempli le chariot, nous sommes passés à la caisse! » Au demeurant, « nous n’avons pas une dette à risque et nous en avons une gestion active en profitant de la baisse des taux, ce qui nous a permis de faire 12 M€ d’économies ces dernières années », s’est félicité M. Ricou.

Sans compter l’explosion des dépenses obligatoires (notamment sociales), qui sont passées de 19,4 M€ en 2008 à 30,8 M€ en 2014, « alors que les compensations de l’Etat n’ont pas suivi puisqu’elles étaient de 11,2 M€ en 2008 et de 16,3 M€ en 2014 », a déploré Jean-Michel Arnaud, premier vice-président. « On ne se cache pas : nous avons maîtrisé l’endettement ces trois dernières années malgré ce contexte et sans couper drastiquement les investissements. » Et Jean-Marie Bernard d’ajouter : « Le seul objectif, c’est de faire des économies pour notre département, en maintenant nos capacités d’investissement pour l’avenir et la solidarité entre les territoires. »

Patrick Ricou est aussi revenu sur les contraintes budgétaires imposées par l’Etat, dont les dotations au Conseil général seront amputées de 4,8 M€ en 2015 : « Nous sommes extrêmement vigilants sur le fonctionnement de manière à ne pas partir dans une spirale infernale qui empêcherait le Conseil général de continuer à investir. » En 2015, le Département prévoit d’investir 40 M€, dont 17 M€ pour aider les collectivités locales et 18 M€ pour les routes (dont près d’1 M€ pour la rocade de Gap). « Nous souhaiterions faire mieux, mais faire plus avec moins, nous n’avons pas la recette », a souligné Marcel Cannat, vice-président chargé des routes. « Nous avons 2000 km de routes et 1000 ouvrages à entretenir, qui ne sont ni de gauche ni de droite. J’en veux pour preuve le pont de la Durance, qui a coûté 1 M€, et Briançon n’est pas à droite que je sache… »

(Photo : pour évoquer le budget 2015 devant la presse, le président du Conseil général, Michel Roy, était entouré de cinq de ses vice-présidents : Jean-Michel Arnaud, Patrick Ricou, Victor Berenguel, Jean-Marie Bernard et Marcel Cannat)


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