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Bernard Jaussaud, Boris Perdigon, Pierre Gattaz et Marc Ventre.Bernard Jaussaud, Boris Perdigon, Pierre Gattaz et Marc Ventre.

Tallard : Pierre Gattaz célèbre Polyéaro, « projet exemplaire » qui a « dépassé les gauloiseries »

26 Fév 2015 - 23:03

Le président du Medef Pierre Gattaz n’a pas posé la première pierre de Polyaéro ce jeudi. Il est simplement venu manifester l’adhésion du patronat au futur campus de formation aéronautique. Le président de l’Union pour l’entreprise des Hautes-Alpes (UPE 05) Boris Perdigon a bien insisté sur ce point pour répondre aux critiques des syndicats qui dénonçaient « la récupération politique du Medef d’un projet financé par de l’argent public ».

A vrai dire, c’est plutôt l’occasion qui a fait le larron. Ce lancement symbolique du centre de formation en aéronautique n’était qu’un prétexte à la venue de Pierre Gattaz. Sa visite dans les Hautes-Alpes étaient ardemment désirée par l’UPE 05 et par un proche du patron des patrons, Marc Ventre, adjoint au maire de Veynes et directeur général délégué en charge des opérations du groupe Safran, grosse entreprise française spécialisée dans l’aéronautique. Pierre Gattaz a d’ailleurs passé toute la journée dans les Hautes-Alpes où il a également visité trois entreprises à Veynes et Gap, et débattu avec les patrons haut-alpins (nous y reviendrons ce vendredi).

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Pierre Gattaz n’a pas volé la vedette au projet. Il est intervenu à la fin de la présentation, dix minutes à peine. Mais ce n’est pas tous les jours que le président du Medef se déplace dans les Hautes-Alpes et ils étaient nombreux à venir bien sûr pour le lancement, mais aussi pour saluer l’Isérois : la sénatrice Particia Morhet-Richaud, la députée Karine Berger, le vice-président de la Région Bernard Jaussaud (qui a effleuré la question de la polémique en soulignant l’engagement de la Région dans ce projet et dans l’apprentissage en général), le maire de Tallard et premier vice-président du conseil général Jean-Michel Arnaud, plusieurs élus, le directeur de l’Agence de développement économique et touristique Yvan Chaix, le président par intérim de la CCI Eric Gorde, des représentants de la chambre de métiers et le président du BTP, Stéphane Scarafagio. Les entreprises présentes sur l’aérodrome et les financeurs du projet (sauf le préfet) étaient là eux aussi, dans les locaux d’Icarius, situés à seulement 100 mètres du futur centre de formation.

Ce qui n’était qu’un concept va enfin se concrétiser. Les travaux devraient débuter cet été pour une ouverture à la rentrée 2016. L’idée d’établir un centre de formation aux métiers de l’aéronautique dans les Hautes-Alpes date de 2009, comme l’a rappelé Xavier Bonnardel, responsable de la filière aéronautique à l’université Aix-Marseille, et initiateur du projet avec sa femme Françoise. « Peu étaient ceux qui y croyaient, se souvient Boris Perdignon. C’est à partir d’une réunion à Eurocopter avec Louis Gallois, à l’époque PDG d’EADS, et l’ex-présidente du Medef Laurence Parisot que l’on a commencé à y croire. »

Ce projet prend désormais forme. « Le bâtiment sera représentatif de la modernité de cette école mais aussi humble par rapport au château de Tallard, révèle l’architecte mandataire de l’opération François Dufayard. Il sera fonctionnel et agréable. » Le hall, traversant, donnera d’un côté sur le château et de l’autre sur l’aérodrome et les montagnes alentour. « Il sera baigné de lumière, abrité symboliquement sous une grande aile. » Le bâtiment sera composé de quatre espaces : la partie administrative, les quatre salles de classe théoriques, les ateliers puis les hangars qui recevront des avions. Le tout dans une démarche environnementale pour laquelle le projet a reçu la médaille d’or de la part des Bâtiments durables méditerranéens.

Le précieux concours du groupe Safran

Les formations dispensées à Polyaéro iront du CAP au Master « pour répondre aux besoins présents et futurs », signale Xavier Bonnardel. Car les entreprises de l’aéronautique ont bien du mal à trouver du personnel qualifié, comme l’a rappelé Jean-Michel Arnaud, citant les difficultés d’Hélicoptères de France à recruter des mécaniciens. Outre « une formation classique présentielle », l’e-learning sera utilisé en support, les élèves se formeront sur simulateur et devront réaliser des projets techniques comme la construction d’aéronefs.

Cette cérémonie a été l’occasion de signer une convention-cadre entre le CFA-Epure, l’IUT et Safran qui est numéro 1 mondial dans la production de moteurs d’hélicoptères et d’avions, et de trains d’atterrissage. « J’ai entendu parler de Polyaéro par Pierre Vollaire il y a un an, ce qui a généré par la suite une réunion avec l’UPE, Xavier et Françoise Bonnardel, révèle Marc Ventre. Ce projet m’a enthousiasmé car il est orienté vers la formation d’opérateurs de maintenance. D’où l’idée d’établir cette convention cadre qui devrait donner lieu à d’autres conventions. » Concrètement, le groupe Safran « accueillera des étudiants en alternance, fera partager ses connaissances sur l’évolution des métiers et des compétences, mettra à disposition du matériel et des intervenants pour des cours, travaux pratiques ou dirigés, et soutiendra financièrement Polyaéro pendant trois ans, le temps du démarrage et de sa montée en puissance ».

Pierre Gattaz s’est dit fier de cette création « qui montre qu’on est capable de passer des projets à l’action, de dépasser nos gauloiseries ». « Ce projet est exemplaire car on s’est mis à l’oeuvre tous ensemble, on est parti des besoins des clients et des entreprises et trouvé une filière d’excellence internationale qui va s’exporter. J’espère que d’autres filières prendront cette même initiative. » Pour Pierre Gattaz, aucun doute, il faut développer l’alternance et l’apprentissage. « Il y a seulement 400.000 apprentis en France alors qu’ils sont plus d’un million en Allemagne. Il faut se remuer, il y a urgence. Il faut peut-être former moins de bacheliers et réhabiliter ces filières d’excellence. » Pour le président du Medef, c’est une bonne illustration de la « coresponsabilité entre l’Education nationale et les entreprises » qu’il appelle de ses vœux pour mieux répondre aux besoins de main d’œuvre des employeurs et lutter contre le chômage.

Pour lancer en beauté Polyaéro, point de champagne ni de feu d’artifice mais une démonstration de voltige. Pour rester dans le thème jusqu’au bout… après avoir mangé au restaurant de l’aérodrome, Le Looping, forcément.

Pour connaître tous les détails de Polyaéro, cliquer ici


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