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Pierre Gattaz s'est montré très intéressé par la production de ressorts de très petite taille à l'usine CGR de Veynes.Pierre Gattaz s'est montré très intéressé par la production de ressorts de très petite taille à l'usine CGR de Veynes.

Ces entreprises de pointe de Veynes et de Gap que Pierre Gattaz a découvertes

27 Fév 2015 - 22:37

Si la visite de Pierre Gattaz, ce jeudi dans les Hautes-Alpes, a été marquée par le lancement du projet Polyaéro, elle a aussi été l’occasion pour le président du Medef de prendre le pouls de l’économie locale en visitant les entreprises Fibralp et CGT à Veynes, et ARD à Gap-Micropolis, avant d’échanger avec les membres de l’UPE 05 (Union pour l’entreprise des Hautes-Alpes) au pôle universitaire de Gap.

A Veynes, où sa venue avait été orchestrée par l’adjoint en charge de l’Economie, qui n’est autre que Marc Ventre, directeur général délégué du groupe Safran et proche du président du Medef, M. Gattaz a visité Fibralp puis CGR.

Fibralp a été créée en mars 2013 à Veynes, et vient d’y débuter sa production d’isolants biosourcés à partir de chanvre (sous la marque « Valnat chanvre »), après un investissement de 2 millions d’euros, soutenu par l’Union européenne, l’Etat, la Région, le Département, la Ville de Veynes et le comité d’expansion 05. Son président, Eric Valois, dirige également Valtech industrie, qui fabrique à Saint-Paul-les-Durance des isolants minces et commercialise déjà des isolants naturels. A Veynes, trois emplois ont été créés pour le moment. Le développement de Fibralp est basé sur un circuit court, aussi bien dans les sources d’approvisionnement, en s’appuyant sur la filière chanvre régionale, que dans les débouchés commerciaux, notamment dans les projets d’éco-quartiers, la rénovation de bâtiments administratifs et les logements sociaux. « Je suis convaincu que produire en France, dans notre région, des isolants qualitatifs et complémentaires, est un pari gagnant pour l’avenir », soutient Eric Valois. « Ce qui est intéressant dans cette création, c’est le développement d’un écosystème autour du chanvre grâce à cette entreprise qui pourra le valoriser », se félicite Pierre Gattaz.

L’usine CGR a déjà une longue histoire à Veynes, puisqu’elle a été créée en 1960. Cette usine a subi de multiples mutations, en ayant subi notamment les conséquences des chocs pétroliers successifs. Depuis 1990, l’ex-usine « Ressorts RH » a été rachetée par le groupe CGR, dirigé par M. Varoqui. L’usine de Veynes, qui est l’une des quinze que possède CGR, emploie 23 personnes et s’est spécialisée depuis 1994 dans le petit fil. Elle produit 700 à 800 millions de ressorts par an, dont les plus petits ont une taille inférieure à 0,8 mm et les plus longs 7 mm. Elle réalise un chiffre d’affaires annuel de 3,1 à 3,2 M€, qui a progressé de 25% entre 2007 et 2014 (effets de la crise de 2008-2009 mis à part). 45% du chiffre sont réalisés à l’export (Europe, Chine, Brésil, Mexique). « Notre production part de Veynes vers le monde entier », explique le directeur général de CGR. « Nous pouvons concevoir ici de nouveaux produits en lien avec nos clients. » C’est ainsi qu’un ressort destiné à un système ESP pour l’automobile a été « développé en direct avec TAW aux Etats-Unis », raconte Michel Malen, directeur de l’usine de Veynes, « avec des moyens de contrôle au 1000e de Newton car il y a une obligation de zéro défaut ». Et si CGR possède un site en Chine depuis dix-huit mois, « pour rapprocher la production des usines chinoises de nos clients, ça n’affecte pas nos usines européennes », assure le numéro 2 du groupe. « Au contraire, puisque ça nous permet de conserver nos marchés. Qui plus est, le ressort revient plus cher en Chine qu’à Veynes ! »

Enfin, à Gap, Pierre Gattaz a visité ARD, entreprise spécialisée dans la monétique et les accès sécurisés. L’entreprise de Micropolis emploie 45 salariés, dont dix en recherche et développement, et réalise 7,7 M€ de chiffre d’affaires. Olivier Bachet, vice-président d’ARD, a évoqué certaines difficultés d’être implanté à Gap : l’absence de vivier, l’éloignement des centres de décision, l’absence de très haut débit (en cours de résolution avec l’arrivée de la fibre optique). « C’est dommage qu’il n’y ait pas d’écosystème autour de cette entreprise, mais nous ne sommes pas très loin du pôle Aix-Marseille », a observé le président du Medef. « Je crois que, dans le futur, ce ne sera plus un handicap. Les gens vont vouloir un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, loisirs… » M. Gattaz a aussi encourager les dirigeants d’ARD à « développer l’export. Ceux qui réussissent bien aujourd’hui sont portés par l’export. »


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