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Lech Walesa à ND du Laus (23)

Notre-Dame du Laus : Lech Walesa, toujours aussi révolutionnaire et idéaliste (vidéo)

Pour sa traditionnelle messe du 1er mai célébrant la reconnaissance des apparitions de la Vierge au Laus, Mgr di Falco-Léandri a réussi à faire venir l’ex-président polonais Lech Walesa, récipiendaire du prix Nobel de la paix en 1983. Plusieurs milliers de fidèles étaient présents, ainsi que quelques personnalités, à l’instar du maire de Marseille Jean-Claude Gaudin et de plusieurs élus locaux. Le chapiteau dressé à Notre-Dame du Laus était presque autant rempli l’après-midi lors de la conférence de cet ancien chef d’Etat, symbole du combat contre l’oppression soviétique. « Comment imaginer qu’un électricien allait pouvoir affronter le rouleau compresseur du communisme ? Vous avez fait tomber ce mur sans effusion de sang, vous avez rétabli la justice dans votre pays. Toutes ces épreuves n’ont pas ébranlé votre foi ni votre message d’espérance ; vous êtes un magnifique témoignage pour notre jeunesse qui désespère et ne sait vers qui se tourner. En vous écoutant, je ne peux m’empêcher de penser à un passage de l’Evangile : Si vous avez une foi pas plus grosse qu’un grain de sénevé, vous pourrez soulever des montagnes », exprime un Mgr di Falco admiratif.

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Impressionnant, en effet. Et pourtant d’une étonnante simplicité. Très direct, Lech Walesa use d’un redoutable sens de l’humour pour faire passer son message, sans se soucier de heurter les susceptibilités. Pas très adepte du monologue, de peur d’avoir devant lui « une salle vide » ou d’entendre « quelques ronflements », il a laissé le soin à l’auditoire de lui poser des questions, et ne s’est pas gêné pour dire ce qu’il en pensait. « Ce n’est pas une question ! », « C’est trop long ! », « Si j’avais cette réponse, j’aurais un deuxième prix Nobel », ose-t-il, provoquant l’hilarité. Des interrogations souvent liées à la religion, parfois déroutantes sur la franc-maçonnerie par exemple. Mais l’homme ne s’est pas laissé démonter, dérivant de nombreuses fois pour dire ce qu’il avait envie et marteler un message d’espoir qui passe par l’action solidaire.

Doté d’un langage très imagé, il explique comment « nous avons pu rejeter un système installé depuis la Seconde Guerre mondiale, qui nous rendait la vie difficile », raconte qu’en privé, une fois la Pologne conquise, Staline comparait le communisme à « une selle de cheval posée sur un porc ». Après des tentatives avortées de renverser le système, sans pouvoir compter sur l’aide des grands de ce monde, il explique que « le Polonais pape » a été un cadeau tombé du ciel. « Pratiquement tous les Polonais sont venus rencontrer Jean-Paul II lors de sa visite en Pologne un an après son élection, et même les communistes faisaient le signe de croix. Ils ne connaissaient pas les paroles et disaient 1.2.3.4. S’ils ne sont pas communistes, ils sont comme des radis : rouges à l’extérieur, blancs à l’intérieur », plaisante l’homme d’Etat. Catholique fervent, il admet que « sans la religion, je me serais vendu des centaines de fois, j’aurais tout laissé tombé. Je me serais retrouvé aux côtés de Lénine et Staline en enfer. Ils doivent avoir des postes de chefs là-bas », lâche-t-il encore.

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Conscient de vivre une époque ébranlée, Lech Walesa reste l’idéaliste qu’il a toujours été. Il prône une réflexion au-delà des frontières, qui repose sur « des bases communes » et des valeurs saines pour « trouver des solutions et une nouvelle organisation ». Peut-être aurait-il pu développer davantage le sujet. Pour lui, il faut d’abord remettre de l’ordre. « Aujourd’hui, les partis de gauche sont plus à droite que la droite et inversement. Je voudrais parvenir à ce que chacun d’entre nous sache où il se trouve. » Lech Walesa s’attend à « d’autres vagues de protestation à travers le monde car il y a beaucoup d’injustice. Certains ont beaucoup, d’autres rien. Mais demain, les parlements créeront des lois pour que chacun dise ce qu’il possède et comment il l’a gagné. L’injustice ne peut pas durer. Il faut retrouver l’homme, la justice et la solidarité. J’y crois profondément en tant que révolutionnaire ».

Mais pour lui, il n’y a qu’une solution : l’action et l’union. « Nous avons un mauvais tableau à cause de mauvais règlements et de mauvais gouvernants. Vous devez être actifs, organiser des réunions pour obtenir de bons changements. Nous sommes majoritaires, ce n’est pas aux minorités de nous imposer des solutions qui ne sont pas bonnes. Battons-nous pour que le monde que Dieu nous a donné soit meilleur. »

Pourquoi il a accepté l’invitation de Mgr di Falco
A la fin de son intervention, Lech Walesa a promis de revenir, ce qui ne serait pas étonnant en tant que président du comité de financement de la nouvelle église du Laus. Interrogé par L’e-media 05 sur les raisons qui l’ont poussé à honorer l’invitation de Mrg di Falco, l’homme d’Etat a répondu : « En tant que catholique pratiquant, tout ce que j’ai pu réaliser, c’est grâce à ma foi ; le temps est venu de rendre et de remercier. Je ne peux répondre à toutes les invitations car il y en a plus que de jours dans l’année, mais je ne pouvais pas ne pas accepter celle-là, d’autant qu’il y a un besoin ». Il en a profité pour glisser un mot gentil à l’adresse des Haut-Alpins : « Vous avez un site magnifique et vous êtes chouettes, je vous aime bien. Ce n’est pas vrai de dire que ce qu’il y a de plus beau et de plus intelligent se trouve à Paris. On peut aussi le trouver dans les petites localités en créant les conditions pour y arriver. La prochaine fois, on pourra être dans une belle église à l’abri du froid… »


Lech Walesa au sanctuaire de Notre-Dame du Laus… par lemedia05


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