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Gap : les mutuelles n’appliquent plus le tiers-payant avec la Polyclinique des Alpes du Sud

16 Juin 2015 - 10:11

Denis Philippe, président de la délégation des Hautes-Alpes de la Mutualité française, et le Haut-Alpin Jean-Paul Benoit, président régional de la Mutualité, ont annoncé, ce lundi, que le tiers-payant n’était plus appliqué par les mutuelles avec la Polyclinique des Alpes du Sud, à Gap. C’est l’augmentation du prix de la chambre particulière, décidée par la polyclinique, qui entraîne ce blocage. Pour les patients mutualistes (un Haut-Alpin sur deux), cela se traduit par une avance de frais et un remboursement postérieur, en fonction des garanties proposées par leur mutuelle. De son côté, la polyclinique dénonce « une position d’arrière-garde » et une « décision unilatérale » de la Mutualité française.

« Cette situation est regrettable pour l’accès à la santé des Haut-Alpins mais les mutuelles ne peuvent pas cautionner cette inflation du prix de la chambre particulière », estime M. Benoit. « La Mutualité n’appelle à aucun boycott de la Polyclinique des Alpes du Sud. Les mutualistes prônent le libre choix des adhérents pour leurs professionnels de santé ou les établissements. Ce libre choix est aussi lié aux conditions tarifaires dont la chambre particulière en cas d’hospitalisation. »

Jean-Paul Benoit rappelle qu’il existe 127 établissements de court séjour en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 99 sont sont référencés par les pouvoirs publics et 40 conventionnés par la Mutualité française. « La Mutualité négocie un accord pour ses mutuelles sur le prix de la chambre particulière car elle n’est pas remboursée par la Sécurité sociale », souligne-t-il, « or la Polyclinique des Alpes du Sud a dénoncé cette convention et nous propose un prix non acceptable pour nos adhérents. »

« La Mutualité fait fi du travail que nous faisons sur la réduction de la durée des séjours, qui entraîne un meilleur confort pour les patients et une baisse des dépenses pour les mutuelles », oppose le Dr Christian Boyer, PDG de la Polyclinique des Alpes du Sud. « Qui plus est, nos tarifs ont été baissés de 2,5% en 2015 et de 1,8% en 2014. Et la plupart de nos praticiens n’appliquent pas de dépassement d’honoraires. » Le Dr Boyer observe par ailleurs que « la chambre individuelle est quelque chose de facultatif » et que cette dépense reste limitée « puisque 80% des interventions sont réalisées en ambulatoire ». De plus, la direction de la polyclinique précise que le prix des chambres individuelles a augmenté de 2€ cette année (pour atteindre 67€) après avoir connu une hausse similaire en 2014.

Rappelant l’historique du partenariat entre la Mutualité française et la polyclinique, Denis Philippe appelle à la reprise des discussions afin de parvenir à un accord. Jusqu’à présent, les deux rencontres qui ont eu lieu ont échoué.

Le PDG de la polyclinique ne croit guère à une issue favorable. « La Mutualité reste arc-boutée sur la question du prix des chambres individuelles », considère le Dr Boyer. « Elle a pris cette décision unilatérale alors que nous étions en négociations et que la convention était arrivée à terme depuis longtemps déjà. Si c’est pour faire pression sur nous, ce n’est pas le bon moyen. »


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