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Palais de justice (3)

Double meurtre du Sautet : « J’en ai marre d’entendre des bêtises », lance l’accusé

C’est un taiseux qui ne craint guère de s’exprimer. Bernard Blanc ne dit pourtant rien sur le fond des accusations portées contre lui, et qu’il nie en bloc. Il encourt 30 ans de réclusion, ce vendredi soir, pour les meurtres d’Amar Zidi et de Najoua Nemri, avec laquelle il a eu une liaison, le 13 décembre 2011 devant sa ferme de Villar Mouren, à Saint-Julien-en-Champsaur. Il fournissait les deux en cocaïne notamment, même s’il nie également avoir été un dealer. En avril 2012, il a pourtant été interpellé au péage de Voreppe (Isère) avec 495 grammes de cocaïne et 3,2 kg de résine de cannabis dans sa voiture. Et les témoignages sont nombreux pour établir qu’il était au coeur d’un trafic à Gap et dans le Champsaur.

Qu’importe. Bernard Blanc n’en a cure. « J’en ai marre d’entendre des bêtises », clame-t-il depuis le box des accusés. Le président puis l’avocat général Raphaël Balland tentent de savoir pourquoi il a voulu entrer dans la Légion étrangère, alors qu’il n’avait que 16 ans et demi et que sa mère venait de le chasser de chez elle. « Ca ne regarde personne », oppose-t-il. « Il suffit de dire que je suis un ancien légionnaire pour montrer que je suis un tueur. Et celui qui fait boucher, il est éventreur? », dit-il, faisant sourire la salle comble. L’enquête a montré qu’il avait été refoulé par la Légion par deux fois, étant trop jeune, et qu’il avait été réformé du service militaire. « J’étais en prison à l’île de Ré à l’époque, si vous voulez savoir. »

Mais revenons-en aux faits. « Il n’y a que de la diffamation dans le dossier. Restez dans votre intime conviction », lance-t-il à l’avocat général. « Si les gens vous ont dit des conneries, c’est leur problème. Moi, j’ai rien dit. »

A l’en croire, « c’est toujours à charge. Toutes les fois, on me rajoute quelque chose. Je suis pas martyr, je suis dinguedau, handicapé, c’est comme ça qu’on dit en patois. » Lorsque le président lit une lettre d’une ancienne fiancée, dont il avait demandé la main à son père, qui parle des largesses de Blanc vis-à-vis de Najoua Nemri, l’accusé rétorque : « Vous parlez d’un témoin de personnalité ! Elle était jalouse de tout le monde. Ca amuse tout le monde, c’est au moins ça ! », dit-il, arrachant même un sourire à l’avocat général.

Ce vendredi matin, les trois avocats des parties civiles vont plaider au nom des familles d’Amar Zidi et de Najoua Nemri, avant le réquisitoire de l’avocat général. La défense devrait plaider en début d’après-midi. La cour d’assises rendra son verdict dans la soirée.


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