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Tunnel du Chambon : voûte à démolir

Tunnel du Chambon : tirs de barrage à gauche contre le « marchandage » de l’Isère

L’annonce par Jean-Pierre Barbier, président (Les Républicains) du Département de l’Isère, de réaliser une dérivation du tunnel du Chambon pour un montant de « 20 à 25 millions d’euros », suscite des tirs de barrage à gauche dans les Hautes-Alpes. M. Barbier lie en effet la réalisation de ce projet, qui permettrait de contourner la zone menacée de l’actuel tunnel et le petit tunnel du Chambon, à son cofinancement par l’Etat, les Régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Département des Hautes-Alpes. « Le nouveau tunnel ne doit pas être l’otage des élections régionales », rétorque le député (PRG) des Hautes-Alpes, Joël Giraud, qui s’interroge sur la nécessité de construire un nouvel ouvrage.

M. Giraud dénonce « une forme de chantage » de la part de M. Barbier, qui demande que les deux régions financent un tiers de l’investissement. « Je viens de demander aux services de l’Etat leur expertise et leur avis sur la stabilisation de la falaise car le choix de la non-réhabilitation du tunnel existant mérite d’être très sérieusement motivé », estime le député des Hautes-Alpes.

Christophe Pierrel, tête de liste départementale PS aux prochaines élections régionales et chef-adjoint du cabinet de François Hollande, y voit aussi « un chantage aussi inacceptable qu’incompréhensible. Alors que les élus de droite ont longtemps milité, et obtenu sous Nicolas Sarkozy, le transfert des routes de l’Etat vers les conseils départementaux, voilà que ces mêmes élus désormais aux responsabilités se défaussent… sur l’Etat. Mieux, le président du Conseil départemental de l’Isère exige également une participation de la Région… voisine. Même si la montagne bouge, le tunnel du Chambon n’est toujours pas en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Si l’objectif est de prendre les habitants de la Haute-Romanche en otages dans un contexte électoral lié aux élections régionales, c’est inadmissible ! »

Pour l’Isère, le tunnel de dérivation est « la seule solution »

Le Département de l’Isère explique pour sa part avoir retenu la solution du percement d’un tunnel de dérivation « après étude des différentes alternatives possibles ». Ce tunnel, d’une longueur totale de 990 mètres, partirait du milieu du tunnel existant, côté Bourg-d’Oisans, pour se raccorder après le petit tunnel du Chambon, côté La Grave. Cette solution consiste à s’enfoncer dans le versant pour s’affranchir de la zone de glissement et mettre ainsi en sécurité cette partie de la RD 1091, tout en permettant le croisement de deux poids lourds. L’objectif est d’ouvrir ce nouveau tunnel à la circulation avant la saison hivernale 2016-2017.

Selon le conseil départemental 38, la poursuite de la réparation du tunnel a été abandonnée car elle est trop aléatoire au niveau des délais et des coûts. Qui plus est, elle imposerait de réduire le gabarit du tunnel, ne permettant plus le croisement des véhicules. De plus, à ce jour, rien ne garantit que les injections de béton pour stopper le glissement de la falaise seraient efficaces, alors même qu’elles seraient coûteuses.

Quant à l’hypothèse d’un viaduc, elle a été écartée car elle nécessiterait un délai d’au moins trois ans pour un coût total de l’ordre de 65 millions d’euros.

Photo : le tunnel de dérivation s’enfoncerait dans la montagne avant la zone d’effondrement
et rejoindrait la route au-delà du tunnel du petit Chambon

 


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