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Inauguration Maison diocésaine (13)

Gap : à un an de sa retraite, Mgr di Falco inaugure un centre diocésain flambant neuf

« Je dois vous avouer le plaisir que j’aurai dans quelques mois de remettre à mon successeur les clefs d’un si bel instrument de travail » : Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d’Embrun, qui sera atteint par la limite d’âge de 75 ans en novembre 2016, a terminé par ces mots l’inauguration, ce mercredi soir, du centre diocésain Pape François à Gap. Deux ans de travaux ont été nécessaires pour rénover de fond en comble l’ancien couvent du Saint-Coeur, afin d’accueillir les services administratifs, économiques et pastoraux du diocèse. Cet investissement conséquent a pu être réalisé grâce au don des lieux par la congrégation et à un legs exceptionnel de Blanche Laurens, décédée en 2013 à l’âge de 92 ans. Cette femme, qui n’a jamais habité dans le département, avait fait le choix de léguer ses biens à l’Eglise, et, plutôt que choisir le diocèse de Paris, elle a opté pour un diocèse rural…

Le parti-pris de l’architecte, Robert Durand, et de Mgr di Falco a été de donner beaucoup de lumière à ce bâtiment. Le hall d’accueil Mgr Arbaud mêle le marbre au sol, les teintes chaudes de ses murs et de grandes baies vitrées pour desservir notamment l’hémicycle Cardinal Robert Coffy, aménagé avec des fauteuils de cinéma et tout l’équipement moderne d’une salle de conférences. Et, partout, des vitraux, des statues et une mosaïque aux armes de l’évêque confèrent à ces lieux magnifiquement aménagés leur charge sacrée. Quant au jardin, il a également été entièrement reconfiguré derrière le mur de l’ancien couvent, désormais percé d’un portail et de grandes baies vitrées ouverts vers le centre-ville. La volonté de l’évêque est d’ailleurs que les Gapençais puissent traverser les lieux entre la Blache et la place Ladoucette, une fois que le parc sera aménagé.

Dans son discours, Mgr di Falco a mêlé l’évocation de la réalisation de cette maison diocésaine avec celle des noms que portent les salles : Mgr Arbaud, évêque de Gap qui racheta les lieux en 1835 pour y installer les soeurs du Très Saint-Coeur de Marie, dont il venait de fonder la congrégation ; Mgr Depéry, évêque qui fit construire, agrandir ou restaurer plus de 60 églises dans le diocèse entre 1844 et 1861 (dont le nom a été donné à la bibliothèque, qui compte plus de 50.000 ouvrages) ; Cardinal Robert Coffy, évêque de Gap en 1967 avant d’être archevêque de Marseille et cardinal ; Soeur Marie-Gabriel, dernière religieuse de la congrégation encore vivante et évidemment présente ce mercredi soir ; Blanche Laurens, sans laquelle de tels travaux « qui ont fait vivre plus de 35 entreprises haut-alpines et gapençaises depuis deux ans dans un contexte de crise, avec plus de 100.000 heures de travail » n’auraient pas pu être engagés ; le pape François, dont le centre diocésain porte désormais le nom. L’occasion pour l’évêque de Gap et d’Embrun de saluer un pape « apprécié et aimé des chrétiens, mis à part quelques vieux dinosaures, et aimé bien au-delà du monde chrétien. Nombreux sont celles et ceux qui portent sur l’Eglise un autre regard parce qu’ils ont le sentiment d’être compris et aimés. »

« Dans ce diocèse, il y a à la fois la cigale et la fourmi »

En rappelant que l’histoire des soeurs du Saint-Coeur, qui avaient dû s’expatrier à Suze, en Italie, sous la troisième République, « illustre les tensions qui ont existé entre l’Eglise et l’Etat », Mgr di Falco a certes constaté que la situation est désormais « apaisée », mais a estimé qu’il « reste à dialoguer encore cependant ». Pour lui, « s’il y a autonomie de la raison et de la foi, la véritable grandeur de la raison est de chercher la vérité, y compris dans le domaine religieux. C’est un enjeu pour tous, dans une société matérialiste et consumériste qui tend à passer à côté des questions métaphysiques, et qui, en passant à côté de ces questions, donne prise à des comportements irrationnels et fondamentalistes. Le christianisme n’est pas une sous-culture. Il irrigue toute culture. »

Avant de bénir le centre diocésain, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, a prononcé quelques mots empreints d’humour. « Comment qualifier cela sans être trop trivial? Dans ce diocèse, il y a à la fois la cigale et la fourmi. On ne fait pas que chanter… Les deux ensemble produisent une belle image de l’Eglise! » Dans le même esprit, Mgr Pontier a invité Mgr di Falco au partage : « Nul ne regrettera cet équipement, qui a été réalisé grâce à un legs. S’il connaît d’autres personnes de ce genre, qu’il n’hésite pas à les présenter à d’autres diocèses qui peuvent paraître riches mais qui ne le sont point… »

Au-delà des évêques de la région, de nombreuses personnalités participaient à cette inauguration, dont le sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, le préfet des Hautes-Alpes, Pierre Besnard, les maires de Gap et d’Embrun, Roger Didier et Chantal Eyméoud, celui de Sisteron, Daniel Spagnou, plusieurs conseillers départementaux autour de Maryvonne Grenier, deuxième vice-présidente du Département, l’ancien sénateur Pierre Bernard-Reymond…


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