Partager sur Facebook Twitter Partager sur Google Plus
Compostage des boues Orcières (14)

Orcières : des boues d’épuration transformées en compost par un procédé biologique

Depuis août 2014, les boues des stations d’épuration d’Orcières, Saint-Bonnet-en-Champsaur, Chabottes et Laye sont transformées en compost dans une unité entièrement biologique située à côté de la station d’épuration d’Orcières. Le projet, qui a représenté un investissement de 2,5 M€ HT, est le fruit d’une longue maturation entre les communes du Champsaur. L’objectif était de parvenir à mutualiser un équipement en tentant de valoriser le compost obtenu et de cesser d’évacuer les boues produites jusqu’à Manosque. Désormais, le compost qui sort de cette unité est prêt à l’emploi et sert par exemple au réengazonnement des pistes de ski mais aussi à l’agriculture. Cet équipement a été inauguré, ce jeudi, quelques semaines après la réception des travaux au terme d’un an de fonctionnement.

Un process entièrement naturel, jusque dans la filtration de l’air

La particularité de cette unité de compostage est qu’elle repose sur « une transformation biologique et une hygiénisation sans aucun recours à des produits chimiques », souligne Alain Guegan, directeur de l’ingénierie de Hantsch, la société qui a mis en oeuvre le process de compostage. L’unité a traité 1300 à 1400 tonnes de boues durant l’année écoulée (elle peut en traiter jusqu’à 1750 tonnes) et 600 à 700 tonnes de déchets verts, ce qui a permis de produire entre 600 et 700 tonnes de compost. Les matières brutes arrivent dans un premier hall fermé d’où elles sont transférées à l’aide d’un godet mélangeur dans des « tunnels » de fermentation, où les bactéries accomplissent leur oeuvre. Suit une deuxième phase où les champignons interviennent pour finir de dégrader la matière et fabriquer de l’humus. Pour permettre cette opération, il est nécessaire d’apporter de la chaleur, a fortiori dans une zone soumise à des grands froids. C’est donc l’air chaud naturellement produit lors de la phase de fermentation qui est utilisé, via un système de soufflerie installé dans la dalle de la zone de maturation. Pour éviter les mauvaises odeurs, notamment pour les habitants des hameaux voisins des Tourrengs (Orcières) et de Laye (Champoléon), tous les rejets d’air sont traités, là encore par un système naturel. Deux grands silos remplis d’écorce venue de Vendée assurent la filtration de cet air!

« Nous avions trois objectifs : maîtriser parfaitement les nuisances, notamment olfactives ; pouvoir composter y compris en hiver, malgré les conditions rudes ; bénéficier d’un compost prêt à l’emploi, que nous pouvons notamment utiliser sur les pistes de ski », indique Patrick Ricou, maire d’Orcières et président du syndicat mixte pour le traitement des boues des stations d’épuration du Champsaur. « Nous avons le sentiment d’avoir atteint l’ensemble de ces objectifs. »

Jean-Marie Bernard, président du Département, et François Drapé, secrétaire général de la préfecture, saluent une « réalisation exemplaire », aboutissement « d’un travail collectif ». « En s’unissant, on y arrive, même pour un projet de 2,5 M€ dans le Champsaur », observe M. Drapé, non sans penser aux débats actuels autour du regroupement des intercommunalités…

Si le process a été développé par une société spécialisée alsacienne, Hantsch, le bâtiment a été réalisé par la SAS Festa, de Saint-Bonnet-en-Champsaur, et le chantier a été suivi par deux bureaux d’études, BEEE (Eysseric environnement), de Marseille, et Recytec (Michel Garcin), de Gap Micropolis.


+ Sur le même sujet...