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Projet de CER Gap

La mairie y étant défavorable, le centre éducatif renforcé n’ouvrira pas à Gap

Le groupe SOS, qui a remporté un appel d’offres lancé par le ministère de la Justice pour ouvrir un centre éducatif renforcé (CER) dans les Hautes-Alpes, annonce qu’il renonce au projet qu’il avait à Gap. La semaine dernière, à l’issue d’une discussion avec le groupe SOS, la majorité municipale avait émis un avis défavorable, que le maire de Gap, Roger Didier, avait fait connaître à l’association. « Nous n’avons pas d’obligation de consulter les élus mais nous préférons le faire, car nous ne voulons certainement pas forcer la main des communes », explique Maxime Zennou, directeur général de l’association Insertion et alternatives (groupe SOS). L’association va donc poursuivre ses recherches de biens immobiliers adéquats dans le département, « qui ne soient ni trop proches du voisinage, ni trop éloignés des établissements de formation et de loisirs. Nous sommes déterminés à trouver un autre lieu. »

A Gap, c’est un bâtiment de Chabanas, propriété d’une congrégation religieuse et proche de la polyclinique, qui avait été retenu par le groupe SOS, après consultation des agences immobilières de la ville. « Il est apparu qu’il était inutile dans une ville moyenne et tranquille comme Gap de créer un centre comme celui-là », estime Roger Didier. « Nous avons notre propre délinquance et nous ne souhaitons pas augmenter les problèmes. Beaucoup de questions ont été posées à l’association, qui a répondu avec beaucoup de transparence. Certains membres de ma majorité s’inquiètent que les pensionnaires de ce centre éducatif renforcé puissent attirer dans la région des amis peu recommandables…»

Le CER accueillerait 8 jeunes de 13 à 18 ans, originaires en priorité de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, placés par décision judiciaire, pour des séjours de rupture. La durée de chaque session est de 4 à 5 mois à raison de deux sessions par an. Le département ne dispose plus d’une telle structure depuis la fermeture, il y a un an, du CER d’Aspres-sur-Buëch, géré par l’ADSEA.

« Il y a une mémoire vive au regard des traces pas très positives laissées par cette expérience récente », constate M. Zennou. « Nous nous inscrivons dans cette continuité, ce qui n’est pas facile. Je précise cependant que nous sommes une organisation nationale, qui gère 350 établissements en métropole et outre-mer, et qui emploie 12.000 personnes. Nous avons la prétention d’être des gens sérieux et d’être experts dans ces domaines, puisque nous gérons des centres éducatifs fermés, renforcés et des foyers d’accueil. »

Maxime Zennou « ne blâme personne » après cet avis défavorable de la Ville de Gap et souligne que « le maire de Gap a joué le jeu, en nous invitant à nous exprimer devant les élus. Nous avions identifié un bien, qui convenait au ministère de la Justice, mais nous souhaitons un accueil bienveillant des communes. » N’est-ce pas souvent difficile de l’obtenir? « Il n’y a pas de règle. Nous avons le cas d’une commune de Lozère, où nous sommes implantés mais où nous devons changer de lieu en raison du vieillissement des locaux, qui se bat pour nous garder. Il est possible de construire une relation de confiance. Nous avons ouvert un centre en Guadeloupe, qui a été inaugurée par Mme Taubira, ce qui montre bien notre sérieux. Il faut peut-être aussi avoir une réflexion sur la place que l’on fait à la jeunesse dans notre pays, y compris pour ceux qui ont un parcours chaotique. »

Le groupe SOS est déjà présent dans les Hautes-Alpes. Il gère le foyer de vie des Guérins, à Sigoyer, où sont accueillis une quarantaine de personnes présentant un handicap mental.

Photo : le quartier de Chabanas, où se situait le projet de CER à Gap
(Photo d’archives Google Street View)

 


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