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PS référendum (3)

Régionales : clash après l’éviction de Christine Nivou du fait de l’accord avec le PRG

Valérie Rossi (PRG) figurera en 2ème position, derrière Christophe Pierrel (PS), en lieu et place de Christine Nivou.
Valérie Rossi (PRG) figurera en 2ème position, derrière Christophe Pierrel (PS), en lieu et place de Christine Nivou.

[Mis à jour le 31 octobre]
Aux termes d’un accord passé entre Christophe Castaner, tête de liste du PS aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et le Parti radical de gauche (PRG), la deuxième place de la liste des Hautes-Alpes reviendra à Valérie Rossi, maire de Puy-Sanières, conseillère départementale de Chorges et attachée parlementaire du député (PRG) Joël Giraud. En cas de victoire de la gauche, Valérie Rossi sera chargée « de s’assurer de la mise en place de politiques de solidarités financières entre la Région et le Département », indique Joël Giraud, président de la fédération 05 du PRG. De ce fait, Christine Nivou, conseillère régionale sortante, se voit évincer de la liste conduite dans le département par Christophe Pierrel, alors qu’elle y figurait en deuxième position. En tout état de cause, l’ancienne maire de Veynes ne figurera plus en position éligible.

Les termes de cet accord, révélés en début de soirée par nos confrères d’Alpes 1, ont fait l’effet d’une bombe au conseil fédéral du Parti socialiste des Hautes-Alpes, qui était réuni ce mardi soir, sous la présidence de Mme Nivou, première secrétaire fédérale. Surtout que l’intéressée les a appris par voie de presse et non de la bouche de Christophe Castaner. Quelques instants plus tôt, lors d’une conférence de presse organisée pour présenter le dispositif initialement mis en place pour le référendum sur l’unité de la gauche et des écologistes aux régionales, Christophe Pierrel avait éludé une question de L’e-media 05 sur la composition de la liste, totalement socialiste dans le département. « Les accords ont toujours été régionaux et tous les partis ne sont pas forcément représentés sur la liste des Hautes-Alpes », expliquait-il.

Christophe Pierrel assure avoir « découvert le contenu de l’accord par voie de presse, ce qui est assez regrettable au niveau de la méthode. Je le regrette d’autant plus que Christine Nivou a fait un très bon travail à la Région. Mais Christine (Nivou) sait que, parfois, nos postes sont sacrifiés sur l’autel d’un accord. C’est forcément cruel et injuste, a fortiori quand il touche une personne de qualité. C’est cela aussi qui fait que les gens reconnaissent que la politique dépasse les personnes. »

Au final, le PS s’en tire mieux qu’en 2010 : une seule place est réservée au PRG sur la liste des Hautes-Alpes cette année, alors que, lors du précédent scrutin, le PRG avait obtenu la tête de liste (Joël Giraud) et la 4e place (Claire Bouchet). Cette dernière figurera cependant en 10e position sur la liste PS-MRC-PRG des Bouches-du-Rhône, « en raison du faible nombre d’élus sur les listes des départements alpins », selon un communiqué du PRG. En revanche, le Buëch n’est pas gagnant dans cet accord : il n’y a désormais plus de candidat de cette vallée en position éligible sur aucune des listes en présence.

En réaction, il n’y aura pas de bureaux de vote pour le référendum sur « l’unité de la gauche »

L’annonce de l’éviction de Christine Nivou a provoqué une vive réaction des socialistes haut-alpins. « Face à de telles pratiques, le conseil fédéral décide de boycotter la tenue des bureaux de vote sur le département pour le référendum des 16, 17 et 18 octobre organisé par le parti sur l’unité de la gauche », indique un communiqué du PS 05, qui invite cependant ses sympathisants à voter par internet (www.referendum-unite.com). Précisons que Christophe Pierrel, qui devait rejoindre Paris à la suite de la conférence de presse, ne participait pas au conseil fédéral.

Douze points de vote étaient prévus ce week-end dans le département, sur les marchés de Gap, L’Argentière-la-Bessée, Embrun, Briançon et Serres, et dans les locaux du PS à Gap et à Briançon. L’objectif était d’atteindre au moins 500 participations à cette consultation afin d’afficher « la volonté de rassembler le plus largement possible les parties de gauche, si possible avant le premier tour des régionales, face à l’extrême-droite et à la droite extrême », comme l’avait indiqué Mme Nivou. « On a une vraie responsabilité à gauche », estime M. Pierrel. « Nous gérons cette région depuis 18 ans sur un projet commun, avec une vision de gauche. Il y a un temps pour tout : pour la critique nationale, si certains veulent le faire, et un temps pour la responsabilité, face à la droite et l’extrême-droite. Ce sont eux nos adversaires. Pas Europe Ecologie-Les Verts ou le Front de gauche. Il ne faut pas se tromper d’élection ou tomber dans les logiques d’appareil. »

La démonstration sur « l’unité de la gauche » n’aura pas résisté à la suite de la soirée…


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