Partager sur Facebook Twitter Partager sur Google Plus
DDCSPP (1)

Gap : des manifestants dans des cartons pour demander le logement de 15 migrants

Des manifestants vont se coucher sur des cartons, ce mercredi matin, devant la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), rue des Silos à Gap, afin d’exiger le « logement durable » de trois familles de migrants tchétchènes. Ces six adultes et neuf enfants (dont un de 18 mois) sont actuellement hébergés dans des chambres d’hôtel. Le Cercle du silence de Gap, un collectif qui réunit des associations et des partis politiques, organise cette manifestation faute de réponse aux courriers de la Cimade, adressés au début du mois à la DDCSPP et à la mairie de Gap, demandant une « solution pérenne » pour ces trois familles. La préfecture annonce que la DDCSPP sera fermée au public, ce mercredi matin, du fait de ce mouvement.

Les trois familles concernées ont toutes été déboutées de leur demande de droit d’asile. Deux d’entre elles bénéficient d’un titre de séjour de six mois pour des raisons médicales ou en qualité d’accompagnant de malade. Une troisième famille doit quitter le centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada) après avoir épuisé tous les recours.

« La solution de l’hôtel est aberrante », dénonce le collectif. « Souvent, les chambres sont mises à disposition du soir au matin 10h. S’il y a des enfants, même si elle peut y rester la journée, toute la famille est serrée dans cette chambre sans possibilité de cuisiner ou même de faire chauffer le lait pour les petits, de leur faire faire une sieste convenable, de suivre une scolarité dans des conditions qui permettent la réussite… L’hôtel est aussi une aberration en ce qui concerne le prix, exorbitant pour la collectivité, comparé justement à un hébergement en appartement (45€ à 65€ par jour et par famille en hôtel, soit 1400€ à 2000€/mois contre 350€ pour un petit appartement social, forcément plus confortable). » Et ce, alors que « ce ne sont pas les logements vides qui manquent, tant au niveau du privé que du public (plus de 1800 logements vacants uniquement sur Gap en 2014 d’après l’INSEE, sans compter les bâtiments en attente, inutilisés, tant du parc public que du privé) », souligne le collectif. « Si la DDCSPP a les moyens financiers de prendre en charge des chambres d’hôtel, elle peut le faire pour des locations en appartements, à des coûts bien moins élevés. »

Sans vouloir évoquer les situations particulières de ces trois familles, Philippe Maire, directeur adjoint de la DDCSPP et coordonnateur départemental pour l’accueil des réfugiés, souligne que « ce sont des situations compliquées. Que des citoyens s’émeuvent, on peut le comprendre. Mais nous avons des places d’accueil limitées, que ce soit en hôtel ou à la Cordée, pour l’accueil d’urgence, en dehors de la période hivernale. Quand le 115 arrive à saturation, il adresse des demandes aux autres 115 au niveau national, mais, souvent, nous nous heurtons au refus des familles, qui ne veulent pas partir à Briançon ou à Marseille par exemple. Parallèlement, nous avons une vingtaine de réfugiés qui sont prépositionnés sur les Hautes-Alpes par l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration) et nous devons faire en sorte de pouvoir les accueillir. »

Les manifestants se rassembleront devant la DDCSPP à Gap, ce mercredi matin
(photo d’archives)

 


+ Sur le même sujet...