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Migrants Calais

30 migrants vont arriver à Briançon, d’autres pourraient suivre dans le Buëch

[Mis à jour à 21h10]
Une trentaine de migrants, principalement des Soudanais, vont arriver à Briançon d’ici la fin de la semaine, dans le cadre d’une « mise à l’abri » organisée par le gouvernement. Il s’agit de migrants se trouvant actuellement à Calais et répartis sur le territoire national pour un séjour temporaire, comme cela est le cas à Sisteron, où 36 d’entre eux, majoritairement soudanais, ont été accueillis dans la nuit de vendredi à samedi. Une trentaine d’autres migrants érythréens pourraient également être dirigés vers les Hautes-Alpes, probablement dans le Buëch, d’ici la fin du mois.

La maire d’Aspres-sur-Buëch a indiqué à L’e-media 05 avoir été contactée par le préfet à la fin de la semaine dernière : « J’ai bien fait comprendre que les élus de mon conseil municipal n’y étaient pas favorables », indique Françoise Pinet, qui est également conseillère départementale. « L’arrivée de ces migrants n’est pas encore sûre, ni la commune où ils seraient accueillis », assure cependant le préfet des Hautes-Alpes, Pierre Besnard. Ces arrivées sont indépendantes de celles qui pourront intervenir dans le cadre de l’accueil des réfugiés en provenance du Moyen-Orient (syriens notamment). Des Irakiens pourraient ainsi arriver prochainement dans les Hautes-Alpes.

A Briançon, les migrants seront accueillis au sein de deux foyers, dont celui des « Peupliers », propriété de l’office HLM mais géré par une association. « Ce foyer accueille déjà des migrants, mais il n’est occupé que partiellement », indique M. Besnard. « Le reste du foyer va être remis en service pour les accueillir. » Le préfet rappelle qu’il s’agit « de personnes seules et pas de familles », dont la plupart « sont aptes à être des réfugiés politiques », et qu’ils sont « tous en situation d’autorisation provisoire de séjour. Ils seront là pour au moins deux mois, mais il n’ont pas vocation à y rester. Ils sont volontaires pour venir, mais ils n’ont aucune obligation de rester. Ils seront libres de leurs mouvements. » Cet éloignement de Calais intervient en effet « pour des raisons humanitaires », justifie le ministère de l’Intérieur.

Ces migrants seront encadrés par les services de l’État, les travailleurs sociaux et accompagnés par les associations. « Leur séjour temporaire vise à élaborer des solutions adaptées, en fonction de leur vulnérabilité et de leur situation juridique (aide au retour, demande d’asile en France ou dans un autre pays de l’Union européenne) », détaille le ministère de l’Intérieur. La préfecture souligne que « ces personnes feront l’objet d’un accompagnement individuel en fonction de leur situation administrative et pourront bénéficier d’un suivi social et le cas échéant, d’un dispositif de nature à faciliter leur intégration ».

Le préfet : « La solidarité ne s’arrête pas à la porte des églises »

Le maire de Briançon, Gérard Fromm (PS), était volontaire pour accueillir des réfugiés. « La Ville de Briançon a dû faire face ces derniers mois à des demandes d’aide de réfugiés ayant franchi la frontière italienne et cherchant le plus souvent à rejoindre Calais via Paris, rappelait dernièrement la mairie de Briançon. La municipalité a organisé une réflexion sur la conduite à tenir et la prise en charge de ces personnes transitant par Briançon en collaboration étroite avec le Secours catholique, le Secours populaire, la Croix Rouge, le CCAS, la Mapemonde (mission d’accueil des personnes étrangères) et la MJC. » Plusieurs mesures d’urgence ont été mises en place : accueil de jour au CCAS, ouverture de la douche municipale, fourniture de repas, aides à la prise en charge des billets de train, accompagnement en liaison avec la Mapemonde de la MJC.

De son côté, le chef de file de l’opposition, Romain Gryzka (Les Républicains), dénonce l’initiative commune « du maire et du préfet, sans consulter les administrés, ni même les élus, d’accueillir une trentaine de réfugiés sur notre commune. Lors du dernier conseil municipal, l’opposition a voté en faveur de la délibération proposée par la majorité, concernant l’accueil de réfugiés de guerre, essentiellement syriens et irakiens, victimes des barbares de Daesh. Des questions sont restées sans réponses, des questions que chaque citoyen est en droit de se poser : combien sont-ils ? Où vont-ils loger ? Où vont-ils travailler ? De quoi vont-ils vivre ? Sont-ils réfugiés de guerre ou réfugiés économiques ? Combien de temps vont-ils rester ? Toutes nos questions posées lors de ce débat sont restées sans réponses ! »

Certes, les migrants qui vont être accueillis à Briançon et probablement dans le Buëch ne sont pas des victimes de Daesh. Les Soudanais fuient une guerre civile qui a jeté sur les routes plusieurs centaines de milliers de personnes. Les Erythréens sont la proie à un despote paranoïaque, à la tête du pays depuis 22 ans. « On oublie qu’ils ont traversé l’Afrique pour arriver là », regrette le préfet Pierre Besnard. « La solidarité ne s’arrête pas à la porte des églises. Il y a de l’humain là derrière ! »

La préfecture et la mairie de Briançon que cet accueil « ne se fera pas au détriment des actions sociales en faveur des citoyens briançonnais. L’État s’engage à prendre en charge les frais nécessaires à cet accueil. L’OPH 05, le SDIS, la Croix-Rouge, l’association de protection civile, les Secours catholique et populaire, l’hôpital et la mairie de Briançon se mobilisent autour de l’association briançonnaise MapeMonde qui assurera leur accompagnement humain et social. »

Les Briançonnais qui souhaiteraient apporter une contribution (cours de français, activités, dons, etc.) peuvent se faire connaître via un formulaire dédié sur le site de ville de Briançon (ville-briancon.fr/aide_aux_refugies.html).

Photo d’illustration/ministère de l’Intérieur

 


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