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Photo François Moura/Capa pour Europe 1Photo François Moura/Capa pour Europe 1

Régionales : les candidats face à l’émoi suscité par les attentats de Paris

[Mis à jour le 19 novembre à 11h40]
A la suite des attentats de ce vendredi 13 novembre à Paris, tous les candidats aux élections régionales ont suspendu leur campagne. Mais, avec la fin du deuil officiel de trois jours, ce mardi soir, la plupart des candidats ont repris leur campagne. A l’exception de Christophe Castaner (PS), qui a décidé d’attendre le 23 novembre, date d’ouverture de la campagne officielle.

Christian Estrosi (Les Républicains) sera ainsi en meeting, ce mercredi soir à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône). Quant à sa tête de liste haut-alpine, Chantal Eyméoud, elle a repris ses réunions, ce mercredi, à Guillestre, avant Savines-le-Lac ce jeudi et Chorges ce vendredi. Ses équipes ont distribué des tracts, ce mercredi matin en gare d’Embrun. M. Estrosi est également largement intervenu sur les médias nationaux au sujet des attentats et des mesures annoncées par le chef de l’Etat. Ou sur le projet de Ségolène Royal de tester des portiques dans les gares, ce qui était une de ses propositions pour les gares de la région, au demeurant fortement décriée à gauche. Il a aussi annoncé, via son directeur de campagne, la saisine du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) en raison de l’invitation adressée à Marion Maréchal-Le Pen (FN), lors de l’émission « Des paroles et des actes » (France 2) consacrée aux suites des attentats.

Marion Maréchal-Le Pen reprend elle aussi progressivement la campagne des régionales. Elle sera ainsi en meeting dans le Vaucluse, ce vendredi. Vincent Faubert (PS), directeur de cabinet du maire de Briançon et 3e sur la liste PS dans les Hautes-Alpes, dénonce aussi la distribution par La Poste de tracts de la liste FN. Le directeur de campagne de Mme Le Pen voit « une totale malhonnêteté intellectuelle » dans cette attaque. Il explique que le FN a « signé un contrat avec La Poste pour une prestation concernant la distribution de notre programme lors la semaine du 16 au 21 novembre. Il a été impossible de déprogrammer cette opération en raison de contraintes logistiques lourdes et pour la simple raison que les documents étaient déjà dans les centres de distribution. » Sollicitée, La Poste précise que « le contrat prévoyant une distribution à ces dates et n’ayant pas reçu de contre-ordre, nous avons réalisé la prestation demandée ».

Sophie Camard (EELV) et Jean-Marc Coppola (PCF) reprennent aussi la campagne « avec dignité et raison », car il faut « malgré tout faire vivre la démocratie », estime Mme Camard. « Les terroristes attaquent la démocratie, les fondements de notre République, indiquent les têtes de liste de La Région coopérative. Ils attaquent aussi des lieux qui représentent le métissage et le brassage social. Mais nous resterons debout. La démocratie ne doit pas reculer face au terrorisme. Nous avons, nous candidats aux élections régionales, la mission de la faire vivre. » Mais les attentats sont bien sûr présents dans toutes les têtes. Sophie Camard, qui était en campagne à Marseille, ce mercredi, rapporte ainsi l’inquiétude de mères de famille dans les quartiers Nord : « On va s’en prendre plein la figure, Madame, non ? »

En définitive, seul Christophe Castaner (PS) a décidé de reporter le premier meeting de sa campagne, initialement prévu ce jeudi à Arles, en présence de Michel Vauzelle, et ses réunions publiques. « Alors que les obsèques nationales des victimes assassinées vendredi n’ont même pas encore eu lieu, la décence impose le respect de ce moment de fraternité républicaine dont tous les Français ont besoin », estime le député-maire de Forcalquier. « Ce temps de recueillement national est tout simplement incompatible avec l’esprit d’une campagne électorale. » Il maintient cependant sa campagne de terrain. Et a tenté de se faire une place dans les médias nationaux, où seuls Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi étaient audibles, en proposant, ce mercredi, la création d’un service national de six mois afin de créer « un électrochoc républicain »…

Les quatre candidats réunis lors du débat Europe 1 – La Provence – I>Télé
(photo François Moura/Capa pour Europe 1)

 


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