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Marion Maréchal-Le Pen

Marion Maréchal-Le Pen à Laragne : « Le combat sera serré mais l’instant est favorable »

Gendarmes à l’extérieur, vigiles à l’intérieur pour une inspection des sacs et un détecteur de métaux, drapeaux français pour les 250 sympathisants présents : l’ambiance est là pour rappeler les attentats de Paris et l’état d’urgence. Et le discours de Marion Maréchal-Le Pen, tête de liste FN en Provence-Alpes-Côte d’Azur, s’appuie largement sur ce thème, dont les sondages confirment qu’il lui est favorable.

Jeannine Douzon, tête de liste dans les Alpes-de-Haute-Provence, donne le ton. Citant Mistral comparant la Provence à « une belle jeune fille », Mme Douzon obtient des applaudissements nourris en lançant : « Cette jeune fille, je ne la veux ni voilée, ni avec burqa, ni avec la charia! » Son homologue des Hautes-Alpes, Amaury Navarranne, est plus policé : « Nous en avons assez d’entendre des mensonges, assez de 18 ans de gestion des socialo-communistes. Tout sera possible si nous arrivons en tête au premier tour. »

Marion Maréchal-Le Pen entame son discours par la mise en cause du système : « Ce drapeau qu’ils brandissent aujourd’hui dans le chaos, c’est nous qui l’avions ramassé dans le caniveau où ils l’avaient jeté », lance la candidate, avant d’appeler à « supprimer ce fameux droit du sol qui fabrique des Français qui n’en sont pas ».

Pour la candidate Front national, « l’identité française existe, elle n’est pas née en 1789, n’en déplaise à M. Mélenchon. Nous ne sommes pas une terre d’Islam! » Un propos qui lui vaut des applaudissements nourris de la salle, qui se met à scander : « On est chez nous, on est chez nous! » Marion Maréchal-Le Pen approuve : « Si des Français peuvent être de confession musulmane, c’est à la condition de se plier aux règles de vie nées de 17 siècles de chrétienté. Les conditions de notre survie sont posées. Ce n’est pas la haine de l’autre mais l’amour de nous-mêmes. »

Elle cite encore « les repas confessionnels dans les cantines, comme si c’était une priorité ; demain, nous aurons les jours fériés de substitution, et bientôt les lois de substitution! Si nous sommes élus, chaque fois que cela sera possible, nous refuserons de céder à ces revendications communautaristes. »

Elle n’évoque jamais son adversaire socialiste, Christophe Castaner, mais concentre ses attaques sur Christian Estrosi, représentant de « la fausse droite qui a affaibli la France de Gap à Tripoli, qui a endetté le pays ». Christian Estrosi qui se voit reprocher de n’avoir pas démissionné de l’Association des maires de France, lorsque son président a préconisé de ne pas installer de crèches de Noël dans les mairies. D’avoir « enrôlé des hommes de gauche » ou encore Dalil Boubakeur, grand recteur de la Mosquée de Paris. D’avoir octroyé un loyer « sous-évalué à une mosquée radicale à Nice » et une subvention à l’association des Jeunes musulmans de France, « liée à l’UOIF et aux Frères musulmans ». « Voilà qui est Christian Estrosi », estime Marion Maréchal-Le Pen. « La Région n’est pour lui qu’une ligne supplémentaire sur son CV, un boulot à tiers-temps puisqu’il restera président de la Métropole Nice-Côte d’Azur au mépris de l’équité territoriale. »

« Nous pouvons commencer à faire basculer la France »

Dans le même temps, la candidate FN se veut rassurante : « Non, les dix plaies d’Egypte ne vont pas tomber sur la Région si nous gagnons. Jamais rien de tel ne s’est produit dans les mairies que nous avons gagnées. Sur nos listes, nous avons des gens de la vraie vie, dont une quarantaine de chefs d’entreprise. Nous avons un programme de bon sens, sans paillettes, ni fausses promesses. » Marion Maréchal-Le Pen met en avant le « patriotisme économique » pour les entreprises locales, la promotion de la montagne avec la création d’un troisième comité régional du tourisme, « une vice-présidence chargée du lien avec les communes », le « refus de l’urbanisation à outrance » et le soutien à l’agriculture, « soumise à des normes excessives pendant que les produits étrangers, avec des exigences bien moins élevées, envahissent nos marchés ». Un dernier mot pour la culture : « Nous l’aimons, contrairement à ce que certains veulent faire croire, mais pas une culture de l’entre-soi, élitiste. Nous voulons faire un grand Puy du Fou à la provençale. »

Avec les élections régionales, « nous pouvons commencer à faire basculer la France », considère Mme Maréchal-Le Pen. « Le combat sera dur et sera serré. C’est aujourd’hui l’instant favorable. Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue, disait Victor Hugo. Vous refusez que cette terre soit celle des trains qui arrivent en retard, de la délinquance, de l’intégrisme de moins en moins rampant… Les Français ont les yeux rivés sur nous. Vous avez souvent eu raison avant les autres. Nous sommes des terres de Résistance et d’insoumission. Nous allons écrire cette nouvelle et sublime résurrection! »

Au final, il n’aura donc que peu été question de la Région et du programme que le Front national compte mettre en oeuvre s’il la remporte le 13 décembre. Mais qu’importe pour le public, qui en redemande. Après La Marseillaise de rigueur, Marion Maréchal-Le Pen se livre de bonne grâce à des selfies et à des signatures d’autographes pendant une demi-heure.


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