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Intercommunalité Laragnais

Martinez : « Laragne rejoindra le Sisteronais si le projet de fusion ne se fait pas »

1 Déc 2015 - 17:45

Lundi soir, le conseil communautaire du Laragnais a rejeté le projet de fusion des communautés de communes du Laragnais, du Sisteronais, Val de Méouge-Ribiers et Pays de La Motte-du-Caire proposé par le préfet des Hautes-Alpes. Cela ne signifie pas que le rapprochement ne se fera pas. Les trois autres intercommunalités doivent se prononcer et le préfet prendra sa décision finale à l’issue de cette consultation. Dans le Laragnais, la fusion n’a pas été rejetée massivement puisque le vote à bulletins secrets a abouti à 12 voix pour et 12 voix contre. Faute de majorité, la délibération a été rejetée. Cette fusion a d’autres détracteurs dans le Laragnais, à l’instar d’Anne Truphème et de Florent Armand, les deux conseillers départementaux (divers gauche) de Laragne-Montéglin, et, plus surprenant, de Maurice Brun, président de la CCI de Région.

La présidente de la communauté de communes et maire de Laragne, Henriette Martinez, n’est pas vraiment surprise du résultat. Mais elle est déçue après « un an de travail, de consultation, avec un bureau d’études ». « Depuis 20 ans de vie publique, ma vision du développement passe par un pôle fort rassemblant le sud des Hautes-Alpes et le nord des Alpes-de-Haute-Provence. On travaille déjà ensemble sur des projets communs à travers le Pays Sisteronais-Buëch. Cette fusion est la suite logique des choses. Elle est source d’emplois, de services et de loisirs qui bénéficient même à un territoire plus large. Elle génère des projets mutualisés de parcs d’activités, de crèches, d’office de tourisme », explique l’élue.

Henriette Martinez espérait au départ rassembler les neuf communautés de communes, de la vallée du Jabron à Aspres-sur-Buëch. « Le Jabron s’est désolidarisé et Aspres est logiquement et géographiquement tourné vers Veynes. » Elle souhaitait aussi être solidaire avec les Baronnies, même si « on ne partage pas les mêmes problématiques ».

Au fil du temps, d’autres points de crispation sont apparus : la sortie d’Eyguians du Laragnais, le désir du Buëch centre de rejoindre Laragne mais pas Sisteron, « des considérations politiques ou politiciennes ». Quid de l’augmentation des impôts dans le Laragnais, conséquence du lissage imposé par la fusion ? « L’augmentation des taux serait minime, totalement indolore. Quelqu’un soumis aux trois taxes paierait 7€ de plus par an, avec en plus des compétences supplémentaires », répond Mme Martinez.

La maire de Laragne ne sait pas encore ce que décidera le préfet mais elle compte bien, en tant que commune limitrophe des Alpes-de-Haute-Provence, rejoindre coûte-que-coûte le Sisteronais. « Le 14 décembre, je proposerai au conseil municipal de Laragne d’approuver le schéma du préfet et même d’ajouter une mention dans la délibération stipulant que si la fusion ne se fait pas, Laragne demandera à sortir de la com com du Laragnais pour rejoindre Sisteron, comme elle en a la possibilité. »

Anne Truphème et Florent Armand : « Un mariage contre-nature »

Les conseillers départementaux de Laragne-Montéglin sont évidemment satisfaits par la décision de la communauté de communes. Anne Truphème et Florent Armand sont en effet opposés à cette fusion. Ils ont écrit à l’ensemble des conseillers municipaux du canton, le 3 novembre. Pour eux, cette fusion, « sans réel projet de fond, à cheval sur trois départements et deux régions, ce qui est loin de simplifier les choses ». Ils évoquent « un mariage contre-nature. Ce découpage est-il le reflet de nos habitudes de vie? Comment concevoir de laisser une partie du Buëch exclue? »

Mme Truphème et M. Armand préconisent « une intercommunalité réunissant Laragnais, Ribiers-Val de Méouge et Baronnies, soit le bassin de vie du Laragnais. Cette proposition laisse la porte ouverte au Serrois et au Rosannais pour nous rejoindre. Cela ne nous empêchera pas de travailler avec le Sisteronais dans le cadre du pays. »

Maurice Brun : « Une erreur historique grave »

Quant à Maurice Brun, Laragnais et président de la Chambre de commerce et d’industrie de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, il qualifie « d’erreur historique grave » le projet de « séparer le Buëch en trois parties ». Il est intervenu lors de l’assemblée générale de la CCI, ce lundi à Gap. Il milite pour une intercommunalité qui irait du Val de Durance au Haut-Buëch : « Avec ce bassin de vie, il n’y aurait aucune augmentation d’impôts pour les entreprises, alors que la fusion avec le Sisteronais va entraîner une hausse de la CFE (cotisation foncière des entreprises) de 3,4% dans le Laragnais et une baisse de 2,12% dans le Sisteronais. »

Maurice Brun souhaite également une communauté d’agglomération du Gapençais « avec un plus grand périmètre, qui corresponde au bassin de vie et au bassin géographique, comme le prévoit la loi. Cette intercommunalité doit aller de La Bâtie-Neuve à Tallard-Barcillonnette et, a minima, à La Roche-des-Arnauds, et pourquoi pas au Dévoluy et au Veynois. »


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