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Eliane Brémond

Veynes : Eliane Brémond, une coiffeuse engagée dans la proximité

4 Déc 2015 - 9:36

La proximité, c’est un choix, c’est VOTRE choix. C’est le message que la fédération départementale des associations de commerçants et d’artisans et la CCI des Hautes-Alpes ont choisi de vous faire passer. Pourquoi choisir d’acheter local, chez les commerçants de votre commune, de votre département ? Il y a au moins dix bonnes raisons : acheter local, c’est protéger notre économie, une garantie de fraîcheur, de vivre en harmonie, la compétence à portée de main, de vivre des relations au quotidien, de faire vivre l’économie locale, un service, de faire vivre le terroir, de faire vivre l’écologie, un gain de temps. Des commerçants se battent pour faire vivre l’économie locale. Jusqu’à la fin de l’année, nous vous proposons de découvrir comment.

Eliane Brémond est en train de terminer la permanente d’une octogénaire du quartier. Une dame dont la téléalarme est susceptible de sonner chez la coiffeuse, comme plusieurs autres personnes âgées de Veynes. « Il paraît que je suis la première arrivée même à 2 heures du matin… » commente-t-elle. En rentrant chez elle, une autre habitante du quartier pousse la porte du salon de coiffure. Simplement pour souhaiter une bonne soirée à « Eliane ». « Heureusement que vous êtes là », lui disent ses clients âgés. « Je ne suis pas irremplaçable, quand même », rétorque avec humilité Eliane Brémond.

Installée depuis 33 ans dans ce même local, au 36 de la rue Jean-Jaurès à Veynes, cette coiffeuse d’origine dévoluarde est une commerçante engagée. Non pas politiquement, car elle a précisément pris soin de se tenir à l’écart des joutes électorales de la cité cheminote. Mais dans la vie locale, les associations, le corso et, depuis quelques mois, dans le comité de quartier, dont elle est la coprésidente. Elle a aussi été une cheville ouvrière de l’association des commerçants veynois, l’Activ, qui est en sommeil depuis peu, et qui organisait marchés nocturnes, fête foraine, opérations de formation… Elle a participé au financement du minibus de l’office municipal des sports pour le transport des jeunes sportifs veynois.

Pour animer la rue pour les fêtes, elle décore la vitrine d’un commerce fermé

Eliane Brémond coiffeuseDans son salon de coiffure, Eliane Brémond propose une carte de fidélité « depuis longtemps », une réduction de 10% la semaine de l’anniversaire de ses clients et une remise de 5% pour tous les membres des associations de Veynes, « que ce soit le foot, les boules ou le troisième âge ». Elle va également coiffer les résidents de l’Ehpad (établissement d’hébergement des personnes âgées dépendantes) : « C’est sympa d’y aller. Il ne faut pas le faire pour gagner de l’argent. Mais je me mets dans leur monde, et ça leur fait plaisir. Comme je le dis à mes clients : vous avez intérêt à m’aimer parce que je vais vous suivre jusqu’au bout ! » Elle se fait d’ailleurs un devoir de coiffer des personnes handicapées, dans son salon ou à leur domicile.

A l’occasion des fêtes de fin d’année, elle investit la vitrine de l’ancien magasin de chaussures voisin : « Il y a beaucoup de vitrines fermées, faute de commerces. Je vais faire une vitrine sur le thème de la Laponie et du Père Noël, avec des éléments du char que j’avais fait pour le corso. Les gens aiment bien qu’il y ait une animation de la rue pour Noël. »

En 33 ans d’activité, elle a vu l’activité commerçante décliner dans sa rue. « En 1982, il y avait des commerces partout », se souvient-elle. « Un pressing, un tapissier, une marchande de laine, un magasin d’articles funéraires, un horloger, un boulanger, un bar, une auto-école, un magasin de sports, un chausseur… », égrène-t-elle. « C’est les grandes surfaces qui ont tué tout ça. Maintenant, le maire a dû mettre un droit de préemption sur les commerces pour éviter qu’ils ne se transforment en logements… » Eliane Brémond regrette aussi la multiplication des coiffeurs à domicile microentrepreneurs.

A petites touches, elle illustre au quotidien les multiples dimensions des commerçants de proximité. Y compris en formant de nombreuses apprenties. « J’ai toujours embauché des gens pour impliquer les jeunes, les aider », souligne-t-elle. « Ma fille me dit que je travaille beaucoup pour pas grand chose. Mais il y a 33 ans, je me suis dit que j’allais créer mon propre boulot. Et je suis toujours là ! »


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