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Hyper centre (2)

Gap : la ville veut densifier son habitat pour réaliser 7700 logements d’ici 2030

Le maire de Gap Roger Didier et son adjointe à l’urbanisme, Maryvonne Grenier, ont dévoilé, ce vendredi, devant le conseil municipal, le projet d’aménagement et de développement durables (PADD), « projet politique qui définira le PLU (plan local d’urbanisme) à venir ». Ce projet sera présenté à la population lors de réunions publiques en janvier prochain. Rappelons que Gap est toujours soumise à un Pos (plan d’occupation des sols), approuvé en 1995. « Nous avons mis beaucoup de temps à réaliser un PLU du fait de difficultés administratives mais aussi de la nécessité de l’adosser au Scot (schéma de cohérence territoriale) de l’aire gapençaise », a expliqué M. Didier.

L’objectif de la municipalité est ambitieux : en se basant sur la croissance de la population depuis 2007 (+1,5% par an), la Ville estime qu’elle pourrait accueillir près de 13.000 habitants supplémentaires d’ici 2030 et qu’il lui faut prévoir la construction de 7700 nouveaux logements à cette même échéance. Pour y parvenir, Mme Grenier a annoncé « une densification des espaces à bâtir, qui passera de 18 logements à l’hectare à 25 », étant précisé que ce ratio pourra atteindre « 70 logements par hectare dans le centre-ville ».

Le PADD entend également « favoriser l’implantation commerciale dans le centre-ville et à ses abords immédiats sans mitage », conforter les zones commerciales existantes, créer un pôle commercial aux Eyssagnières, de conforter le site de Bayard aux côtés des « grands espaces de loisirs et d’attractions » de Saint-Mens et de Charance, de « préserver la vue des grands paysages depuis la ville », préserver les zones de biodiversité et les zones humides… Ce faisant, « nous voulons maintenir une ville à taille humaine, avec sa double identité urbaine et rurale », a souligné Mme Grenier. « Nous adapterons les densités aux caractéristiques des secteurs. »

L’opposition déplore une « spéculation » sur les terrains rendus constructibles en 1995

Après avoir ironisé sur le fait « que nous devons être la dernière des dernières communes à ne pas encore avoir de PLU », Bernard Jaussaud (PS) est revenu sur « l’intention du maire de l’époque, M. Bernard-Reymond, de faire baisser le prix du foncier à Gap en ouvrant très largement la constructibilité. On a constaté qu’il n’en était rien et que c’était plutôt l’effet contraire. Cela a favorisé une sorte de spéculation foncière, qui a créé une véritable catastrophe urbanistique. » Pour Karine Berger (PS), « beaucoup de terrains rendus constructibles en 1995 n’ont pas été construits (240 ha, NDLR). Peut-on imaginer une méthode pour empêcher cette spéculation en limitant la constructibilité dans le temps? »

M. Jaussaud s’est étonné que la municipalité envisage de permettre la création de 7700 logements au lieu des 6400 prévus par le Scot, et a souhaité que « le PLU soit à échéance plus brève que 2030 ». Même inquiétude de Jean-Claude Eyraud (groupe Gauche-Tous capables) : « Pourquoi aller au-delà du Scot? Si on veut préserver notre bassin gapençais, on a intérêt à ne pas trop tirer la couverture à soi. »

Maryvonne Grenier a expliqué que « le PLU est élaboré sur la même durée que le Scot », soit 15 ans. « Il est bien évident que le zonage permettra un habitat plus rapide dans certains secteurs que dans d’autres. » Roger Didier a précisé que les terrains constructibles depuis 1995 le resteront, et expliqué qu’il y aura « un phasage des zones constructibles, dont certaines le seront à court terme, d’autres à moyen et à long terme. Il faut maîtriser l’expansion de notre ville car il faut mettre en face l’obligation de réaliser des infrastructures publiques. »

Le débat a aussi été l’occasion pour Bernard Jaussaud de demander à la municipalité de prévoir des sites propres pour la circulation des bus et de veiller au développement du logement social. « Notre ville a une morphologie qui ne se prête pas au développement des sites propres », a répondu le maire. « Nous avons quand même un service remarquable aujourd’hui. Nous parcourons gratuitement 800.000 km par an, alors que la moyenne des villes de la même taille est de 400.000 km. » Quant au logement social, « allez trouver des villes comme Gap qui peuvent dire qu’elles sont déjà à une proportion de 19%! Notre objectif est de ne plus créer des pseudo-ghettos mais de créer de la mixité sociale. »


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