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Antenne de région Gap

Christian Estrosi annonce la fin des antennes régionales par mesure d’économie

Christian Estrosi[Mis à jour à 23h30]
L’antenne de Gap de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est en sursis, à l’instar des autres antennes implantées dans les différents chefs-lieu de département, et de la Maison de la Région, sur la Canebière à Marseille. Christian Estrosi (Les Républicains) en a fait l’annonce, ce vendredi, lors de ses voeux à la presse, à Marseille. Le nouveau président de la Région a évoqué plusieurs mesures destinées à faire 5 millions d’euros d’économies sur la durée du mandat, sachant que son objectif est de baisser de 25% les frais de fonctionnement. M. Estrosi a détaillé douze actions qu’il compte engager dans les 100 premiers jours de son mandat et qui « se traduisent en trois axes : le mandat du développement économique, le mandat des économies et le mandat de la démocratie locale ».

« Dans les 100 jours, je lancerai le processus de vente de certains biens immobiliers », a déclaré M. Estrosi. « La maison de la région qui se situe sur la Canebière sera vendue. La véritable maison de la région, c’est le siège du Conseil régional. Les antennes régionales, qui engendrent un coût de 700.000 euros par an, seront remplacées par des banques d’accueil mutualisées avec des communes ou des intercommunalités afin que des usagers des transports, des chefs d’entreprise ou des administrés puissent avoir un point de contact avec la région à moindre coût. » Une demi-douzaine d’agents de la Région sont affectés à l’antenne de Gap, boulevard Pompidou.

M. Estrosi a également annoncé la réduction par deux des frais de formation des élus (soit 2,5 M€ d’économies sur six ans, selon ce qu’il a indiqué), la suppression des voitures pour les élus (800.000€) et de certains véhicules de fonction, des portables des élus (50.000 €)…

En matière économique, il a annoncé la mise en place du FIER (Fonds pour les entreprises régionales) et un contrat de plan pour la formation professionnelle, mettant l’accent sur l’apprentissage. Autre priorité, la création d’une conférence permanente des arts et de la culture.

S’agissant de la démocratie locale, une ancienne magistrate sera nommée déontologue et « je mettrai en ligne tableau de bord de suivi de mes engagements afin que les habitants puissent constater le respect de la parole donnée », a dit Christian Estrosi.

Les candidats de gauche dénoncent la suppression des antennes régionales

Sophie Camard, qui était tête de la liste « La Région coopérative » (Europe Ecologie-Les Verts/Front de Gauche), a salué ces « économies de train de vie », mais s’est alertée « de la suppression des antennes dans les départements, qu’il faudrait au contraire réformer pour en faire des relais de proximité au service des citoyens. Des guichets dans les mairies vont induire une confusion complète des rôles respectifs des collectivités locales. »

« Dans tous les cas, ces économies ne pourront pas financer les 250 M€ pour la sécurité dans les TER et les lycées que M. Estrosi persiste à annoncer », a estimé Mme Camard. « Si M. Estrosi veut faire des économies, dans quel budget va-t-il faire des coupes sombres pour financer ces nouvelles dépenses ? Va-t-il renoncer aux autres dépenses nécessaires dans les lycées et les TER : nouveaux lycées à construire, travaux de rénovation et d’économie d’énergie, mise aux normes pour les handicapés, co-financement de travaux pour améliorer l’offre ferroviaire ? »

L’annonce de la fermeture des antennes de la Région dans les départements fait également réagir Christophe Pierrel, qui était tête de liste PS dans les Hautes-Alpes : « Je m’inquiète d’un tel choix qui sacrifierait en premier lieu les départements ruraux et éloignés de Marseille comme les Hautes-Alpes », indique-t-il dans un communiqué, ce vendredi soir. « Tout d’abord, cela va à l’encontre de ses promesses de campagne, notamment dans son discours prononcé à Toulon où il promettait de « les organiser comme de véritables services déconcentrés de la région ». Ensuite, l’assistance et l’accompagnement apportés par les antennes est indispensable pour nos communes, nos associations qui portent des projets pour notre territoire. Le travail de proximité réalisé par les antennes serait donc ainsi détruit en une seule cérémonie de vœux… »

Et M. Pierrel d’égratigner M. Estrosi en ces termes : « Que penser d’un maire de Nice qui dépense 395.000€ pour sa cérémonie de vœux et qui, pour son image, met en danger les territoires les plus éloignés de Marseille ? »

Posté par Christian Estrosi sur vendredi 8 janvier 2016

Photo Google Street View


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