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Canal de Gap, Saint-Jean-Saint-NicolasCanal de Gap, Saint-Jean-Saint-Nicolas

Prise d’eau des Ricous : un avis favorable, avec des réserves, après l’enquête publique

Le commissaire-enquêteur a rendu un avis favorable à la création de périmètres de protection du captage des Ricous, entre Saint-Jean-Saint-Nicolas et Orcières, et du stockage des Jaussauds, à Gap. Une enquête publique s’était déroulée en octobre et novembre, à la demande de l’Asa (association syndicale autorisée) du Canal de Gap. Cette enquête publique avait fortement mobilisé les Champsaurins, qui contestent la volonté de Gap de maintenir son prélèvement dans le Drac pour alimenter son réseau d’adduction en eau potable. Un collectif d’habitants été constitué pour s’y opposer, les trois communes concernées (Champoléon, Orcières et Saint-Jean-Saint-Nicolas) ont émis un avis très défavorable, ainsi que la fédération départementale de pêche.

Dans ses conclusions, le commissaire-enquêteur, Roland Linossier, émet deux réserves principales : il demande en premier lieu la mise en place, au captage des Ricous, d’un dispositif de suivi et d’alerte de la qualité des eaux du Drac. « Ce dispositif, à notre avis essentiel en matière de protection sanitaire, permettrait de détecter, en continu, les variations des périmètres physico-chimiques et les risques de contamination des eaux brutes captées dans le Drac, afin de permettre l’isolement, si nécessaire, de la réserve des Jaussauds, qui pourrait, nous semble-t-il, se substituer aux périmètres de protection rapprochée, qui nous paraissent tout à fait inopérants. »

Par ailleurs, le commissaire-enquêteur recommande, « à plus long terme, de s’attacher à l’étude et à la mise en oeuvre du captage des Choulières tel que le prévoit le SAGE (schéma d’aménagement et de gestion des eaux) Drac Amont, ainsi que la désignation d’une mission d’expertise relative aux dispositions actuelles de l’approvisionnement en eau potable de la ville de Gap, mission demandée au cours de cette enquête par les élus du Champsaur, dont la prise en compte nous paraît nécessaire. » Cette solution de puiser l’eau potable de Gap dans la nappe phréatique des Choulières se heurte cependant aux conditions financières du contrat qui lie la Ville à l’Asa du Canal de Gap (lire ici la position du maire de Gap, Roger Didier).

En l’état actuel, le projet du Canal de Gap est de créer un « périmètre immédiat » de 2 hectares autour de la prise d’eau des Ricous, au sein duquel toute activité serait interdite. L’Asa achèterait les parcelles concernées dont elle n’est pas encore propriétaire. S’y ajouterait un « périmètre rapproché » d’environ 60 ha, à cheval sur Champoléon et Orcières pour l’essentiel, et Saint-Jean-Saint-Nicolas. Dans ce périmètre, des contraintes s’appliqueraient aux agriculteurs, nécessitant notamment des investissements pour empêcher que les lisiers par exemple ne puissent polluer le captage. C’est ce périmètre qui est critiqué par le commissaire-enquêteur.

Il revient maintenant au préfet des Hautes-Alpes, Philippe Court, de se prononcer sur ces périmètres de protection. Le maire d’Orcières, Patrick Ricou, président de la Cleda (commission locale de l’eau Drac Amont), a d’ores et déjà annoncé qu’il attaquerait l’arrêté préfectoral si celui-ci devait pérenniser le prélèvement d’eau aux Ricous. « Actuellement, le Canal de Gap prélève 30 millions de m3 par an, dont 90% à usage d’irrigation et 10% pour l’eau potable », explique M. Ricou. « A l’horizon 2020, les débits réservés vont augmenter de 350 litres/seconde à 600 l/s. La mise en oeuvre de ces périmètres de protection n’est absolument pas cohérente avec le SAGE. Il n’est pas raisonnable de vouloir poursuivre dans cette voie. »


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