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Préfet procureur bilan délinquance (1)

Les cambriolages en recul de 20% en 2015, mais les violences progressent

Le préfet et le procureur entourés des "patrons" de la gendarmerie, de la police et de la police aux frontières.
Le préfet et le procureur entourés des « patrons » de la gendarmerie, de la police et de la police aux frontières.

Le nombre de cambriolages est passé de 780 à 620 dans les Hautes-Alpes en 2015, soit une baisse de 20%. Les cambriolages dans des habitations sont même en recul de 29%. « Une évolution plutôt favorable », dont s’est félicité le préfet, Philippe Court, ce mercredi, en présentant les statistiques de la délinquance. « C’est un travail de longue haleine des services de sécurité pour démanteler des filières mais aussi pour accomplir un travail de prévention, notamment en organisant des rencontres avec des clubs de seniors. » Le colonel Christian Flagella, commandant le groupement de gendarmerie, a également évoqué le dispositif « Alerte commerces », mis en place par la CCI pour prévenir par SMS les commerçants lorsque des faits sont commis à proximité. Ou l’opération « Tranquillité vacances », qui permet de signaler à la police ou à la gendarmerie une absence de son domicile. « Cette opération est étendue à toute l’année et pas seulement aux périodes de vacances, et, à ce jour, nous n’avons constaté aucun cambriolage dans un logement surveillé », a relevé le commissaire Pascal Manicacci, directeur départemental de la sécurité publique.

Pour autant, « la lutte contre les cambriolages reste une priorité », a souligné le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland. « Même s’il a baissé en 2015, le nombre de cambriolages reste plus élevé que les années précédentes. Nous appelons à la prudence et à la vigilance des voisins. »

Si les atteintes aux biens connaissent une amélioration, il n’en est rien des atteintes aux personnes. « Les violences sont en augmentation », constate le préfet. « Elles concernent essentiellement des violences que j’appelle de proximité », observe le procureur. « C’est-à-dire qu’il s’agit rarement de violences gratuites ; l’auteur est généralement connu de sa victime, soit parce qu’il s’agit de violences intrafamiliales, soit d’un voisin. 70% des affaires sont élucidées. Très souvent, ces violences sont en lien avec une consommation d’alcool ou de stupéfiants. La lutte contre les violences sera donc une priorité de ma politique pénale en 2016, mais aussi la lutte contre les stupéfiants et contre l’alcool au volant. »

Les escroqueries, et notamment par internet, sont également en hausse : « Ce sont des faits qui seraient facilement évitables si les gens étaient plus prudents », estime M. Balland. « Nous avons eu le cas récemment d’un homme qui dialoguait avec un interlocuteur, qui était soi-disant une jeune femme ivoirienne, et qui s’est fait envoyer des mandats cash pour un montant total de 35.000€ avant que la victime ne réagisse! Et il est pratiquement impossible d’élucider de telles escroqueries commises depuis l’étranger. »

Globalement, le département est cependant « paisible », aux yeux des autorités. Cela n’a toutefois pas empêché d’y accentuer aussi la surveillance dans le cadre de l’état d’urgence, à la suite des attentats du 13 novembre. Ces surveillances portent prioritairement sur les lieux de culte, les établissements scolaires et des « points symboliques ». Par ailleurs, des contrôles combinés entre gendarmes et douaniers ont été mis en place au col de l’Echelle et au péage de La Saulce. A Montgenèvre, la Police aux frontières a rétabli un contrôle permanent. Et la Polizia di Stato de Bardonecchia assure désormais des patrouilles communes avec la Paf, sachant qu’il n’y a plus de poste frontière à Claviere.

Le préfet Philippe Court s’est refusé à s’attarder sur les perquisitions administratives et « l’activité renforcée des services en matière de renseignement ». Y a-t-il eu davantage de signalement de cas de radicalisation depuis les attentats? « Il y a des signalements qui sont suivis », a répondu M. Court. « On observe la même tendance qu’au niveau national, mais à la mesure du point de départ qui était faible dans le département. On suit aussi les signaux faibles, ce qui n’était pas forcément fait par le passé. »

Le bilan de la délinquance et de la sécurité routière en chiffres
  • Immigration irrégulière : 86 étrangers ont fait l’objet d’une reconduite à la frontière, « chiffre en augmentation depuis plusieurs années ».
  • Nombre de contrôles au poste frontière de Montgenèvre : 11.500.
  • Sécurité routière : 10 morts en 2015 (+2) et 10 blessés hospitalisés de plus qu’en 2014.
  • Accidents en montagne : 45 décès et 545 accidents.
  • Nombre de plaintes reçues au parquet : 9345 (+1%), « après une hausse de 9% en 2014 », souligne le procureur.
  • Nombre de mineurs mis en cause : 342 (-9%). « La délinquance des mineurs est peu élevée dans le département et la gravité des faits est relativement faible », relève Raphaël Balland.
  • Gardes à vue : 383 (+30%), « après une hausse de 80% en 2014. Cela montre l’activité renforcée des services d’enquête. »
  • Taux d’élucidation : 14% des atteintes aux biens, 48% des escroqueries et 70% des atteintes à l’intégrité physique (dont violences sexuelles).


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