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Vivian Maier (autoportrait).Vivian Maier (autoportrait).

Vivian Maier : un accord trouvé aux Etats-Unis pour l’exploitation de son oeuvre

9 Mai 2016 - 19:27

[Mis à jour le 13 mai] Un accord a été trouvé pour permettre l’exploitation de l’œuvre de Vivian Maier, cette nurse américaine originaire des Hautes-Alpes, dont les photos de rue connaissent un succès mondial. Cet accord, qui inclut un volet financier, doit être entériné par un juge de Chicago. Cet accord ne concerne que John Maloof, qui possède environ 90% de l’oeuvre de la photographe, et son contenu restera secret, en raison des négociations qui se poursuivent avec « deux ou trois » autres propriétaires de négatifs, selon l’administrateur public.

Depuis septembre 2014, comme l’avait révélé L’e-media 05, les deux collectionneurs principaux des photos de Vivian Maier, les Américains John Maloof et Jeffrey Goldstein, ne pouvaient plus diffuser les oeuvres de la photographe, dans l’attente de la détermination par la justice du détenteur des droits. Un avocat américain avait en effet fait valoir le fait qu’un Gapençais, Francis Baille, était susceptible d’être le plus proche parent encore vivant de Vivian Maier…

L’œuvre de Vivian Maier avait été révélée au grand public après sa mort par John Maloof qui avait fait l’acquisition, un peu par hasard, de ses négatifs au cours d’une vente aux enchères, en 2007. Un autre collectionneur, Jeffrey Goldstein, avait également acquis une partie de ses négatifs et les a cédés à une galerie canadienne à la suite de cette affaire.

Un ancien photographe de publicité devenu avocat, David Deal, n’appréciait pas que les deux collectionneurs puissent ainsi s’enrichir alors qu’ils ne possédaient pas les droits d’auteur. Il a donc initié des recherches généalogiques qui ont abouti à Francis Baille, un ancien fonctionnaire, qui habite à Gap et dont le père était le grand-oncle de la photographe. Pour l’heure, le tribunal du comté de Cook ne l’a toujours pas reconnu comme étant l’héritier légal, mais David Deal assure être « plus près que jamais de trouver la preuve »…

En attendant, cet accord -dont on ignore les clauses et le montant- avec le mandataire ad-hoc nommé pour préserver les intérêts de Vivian Maier va permettre à John Maloof de reprendre la diffusion de son oeuvre. Le collectionneur indique ainsi au Chicago Tribune qu’il compte développer des centaines de rouleaux de films couleurs 35 mm que Vivian Maier a tournés plus tard dans sa vie et des dizaines de milliers de photographies qui ont jamais été vues par personne, y compris par la photographe. Me Leah Jakubowski, l’avocat général de l’administrateur public, estime que cet accord est « bon pour la succession et pour M. Maloof» et qu’il permettra à ce dernier de «continuer son travail ».