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Le village de vacances VVF de Lagrand (photo d'illustration).Le village de vacances VVF de Lagrand (photo d'illustration).

Agression de Lagrand : le point sur l’enquête avec le procureur de la République

19 Juil 2016 - 23:18

[Mis à jour le 20 juillet à 10h15] Le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, fait un point complet, ce mardi soir, sur l’agression perpétrée ce mardi matin, vers 9h40, au village-vacances VVF de Lagrand. Un homme de 37 ans s’était précipité sur trois jeunes filles, âgées de 8 ans et demi, 12 ans et 13 ans et demi, puis sur leur mère de 45 ans, en les agressant avec un couteau. La plus jeune victime, touchée au thorax, a été évacuée vers le CHU de Grenoble, où une opération a permis de la mettre hors de danger. Le suspect, qui a pris la fuite, a été interpellé à quelques kilomètres du centre de vacances par des gendarmes réservistes, une demi-heure plus tard, à 10h15, dans le cadre du plan Epervier. Sa garde à vue a été prolongée ce mercredi matin par le procureur de Gap.

La mère et ses deux filles les plus âgées ont été hospitalisées à Gap. Atteintes notamment au thorax, elles présentent chacune 15 jours d’incapacité totale de travail, selon le parquet. Leurs jours ne sont pas en danger, et ceux de la plus jeune victime, hospitalisée à Grenoble, ne le sont plus.

Pour l’heure, l’enquête exclut toute radicalisation religieuse du suspect et écarte la rumeur d’un mobile lié à la tenue trop légère des victimes. L’homme a agressé les quatre victimes « sans dire un mot ». Selon le parquet, « les raisons de cette agression demeurent inconnues ». Aucune pathologie psychiatrique n’a été mise en évidence par l’expert qui a examiné le suspect.

L’agression s’est produite alors que la mère et ses trois filles prenaient leur petit-déjeuner sur la terrasse de leur logement, directement mitoyenne de celle de leur agresseur présumé.

Le suspect voulait mettre un terme à son séjour

Peu de temps avant les faits, dans la matinée, le suspect, Mohamed B., 37 ans, demeurant dans les Yvelines, avait indiqué au directeur du centre de vacances « qu’il souhaitait mettre un terme prématurément à son séjour pour des raisons de santé. Il était alors calme et courtois », relève le procureur de Gap. Il a d’ailleurs chargé l’essentiel des bagages de sa famille dans le véhicule avec lequel il a pris la fuite après l’agression, « laissant toutefois sur place sa propre épouse et ses deux enfants âgés de huit et six ans qui déjeunaient eux aussi dans leur résidence de vacances ».

Le suspect est habituellement domicilié avec sa famille dans les Yvelines. De nationalité marocaine, il a un emploi et séjourne régulièrement en France. « Il n’a pas été mis en cause dans des enquêtes de police ou de gendarmerie depuis plus de 15 ans et il est inconnu des services de renseignement », confirme M. Balland.

Pas de radicalisation du suspect

« Les investigations en cours, et notamment les perquisitions effectuées tant sur son lieu de vacances, que dans son véhicule et à son domicile dans les Yvelines, n’ont pas – à ce stade – permis de mettre en évidence une radicalisation » du suspect, de confession musulmane, souligne le parquet de Gap. « Selon son épouse, il ne fréquentait pas régulièrement la mosquée et il était beaucoup moins pratiquant qu’elle-même, cette dernière semblant faire pour sa part une application rigoriste de sa religion. » La section antiterroriste du parquet de Paris a décidé de ne pas se saisir des faits à ce stade de l’enquête.

La mère de famille victime des faits a expliqué aux enquêteurs « qu’elle ne comprenait absolument pas le geste de son agresseur, étant donné que les relations qu’ils entretenaient entre voisins de vacances étaient très courtoises. La veille des faits, son mari (qui n’était pas présent lors des faits) et elle avaient même porté assistance à leur futur agresseur alors que ce dernier faisait un malaise dans la soirée. »

L’homme a porté les coups de couteau « sans dire un mot »

L’une des enfants victimes et sa mère ont expliqué aux enquêteurs que « leur agresseur avait directement porté des coups de couteau sans dire un mot ». Le parquet de Gap souligne donc de nouveau qu’en l’état, rien ne permet de confirmer la rumeur initialement diffusée sur un prétendu mobile concernant la tenue vestimentaire légère des victimes qui aurait pu déplaire à l’agresseur.

Au cours de sa première audition en garde à vue, le suspect « a prétendu n’avoir quasiment aucun souvenir des faits qui lui sont reprochés », indique Raphaël Balland. « Pour autant, l’examen médical, puis l’examen psychiatrique, de cet individu n’ont pas permis de mettre en évidence, en l’état, une quelconque pathologie de nature psychiatrique. L’expert psychiatre a estimé que son discours était cohérent et en lien avec la réalité. » En l’état de l’enquête, « les raisons de cette agression demeurent inconnues », explique le procureur.

L’enquête ouverte par le parquet de Gap du chef de tentative d’homicide et de tentatives d’homicides sur mineures de moins de 15 ans a été confiée aux gendarmes de la brigade des recherches de Gap et de la section de recherches de Marseille.

À l’issue de la garde à vue de Mohamed B., qui a été prolongée ce mercredi matin, « il est envisagé de le présenter à un juge d’instruction du pôle criminel de Grenoble », indique M. Balland. Pour des actes de nature criminelle, c’est en effet le pôle criminel et le parquet de Grenoble qui sont compétents.

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