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Sylvie Guillaume (PS) et Michel Dantin (LR) ont dialogué pendant près de deux heures avec les élèves de la Maison familiale et rurale de Ventavon.Sylvie Guillaume (PS) et Michel Dantin (LR) ont dialogué pendant près de deux heures avec les élèves de la Maison familiale et rurale de Ventavon.

Deux parlementaires pour une leçon d’Europe aux élèves de la MFR de Ventavon

Sylvie Guillaume, vice-présidente (PS) du Parlement européen, et Michel Dantin, parlementaire européen et maire (LR) de Chambéry, sont venus à la rencontre des élèves de la Maison familiale et rurale (MFR) de Ventavon, ce jeudi matin. L’objectif est bien sûr de valoriser l’idée européenne et le rôle joué par le Parlement européen. Ils sont rompus à l’exercice, même si leur vocabulaire n’est pas toujours à la portée de leur jeune auditoire. Sur la plupart des sujets, leurs propos se complètent, plus qu’ils ne se contredisent. Il n’y a guère que sur la candidature de la Turquie que les deux parlementaires ont exprimé des points de vue différents, même si les deux sont opposés à l’entrée de ce pays au sein de l’Union. Pour des questions de culture différente pour M. Dantin, en raison de la dérive sur les droits de l’homme pour Mme Guillaume.

Cela reflète la particularité de cette assemblée réunissant des élus des 28 pays de l’Union européenne. « Nous fonctionnons majoritairement grâce au compromis », a expliqué Sylvie Guillaume. « Nous avons parfois plus de proximité avec des députés d’autres groupes que de son propre groupe », a même observé Michel Dantin.

Parlementaires européens à Ventavon (1)Sylvie Guillaume s’est dite « critique » vis-à-vis de l’Union européenne, « mais les Etats membres ne pourraient plus fonctionner seuls aujourd’hui. Nous avons besoin de retrouver cette solidarité après ces crises de confiance. » Pour Michel Dantin, « le navire ayant grossi trop vite, le fonctionnement de l’Europe n’est pas satisfaisant. Mais la France toute seule n’a plus la capacité, ni la taille suffisante pour faire entendre sa voix dans le reste du monde. Il y a la manière dont on voit le monde et celle dont le monde nous voit. » Quant à l’élargissement de 1999 aux pays d’Europe centrale, M. Dantin considère qu’il n’y avait « pas d’autre décision à prendre. Il fallait réagir et asseoir ces pays dans le cénacle démocratique européen ».

Les questions des élèves ont porté sur les migrants, la difficulté du mandat de député européen, leur poids sur les décisions, l’agriculture biologique ou la rémunération des parlementaires européens…

S’agissant des migrants, Mme Guillaume a rappelé que, « quand on quitte son pays, c’est pour une raison, ce n’est jamais de gaieté de coeur. Pour autant, on peut comprendre que les migrations aient besoin d’être régulées. Le problème, c’est que certains Etats-membres jouent le jeu et d’autres non. » Sur ce thème, M. Dantin a estimé que « nous avons affaire à des individus qui sont dans des situations différentes qui appellent des réponses différentes. N’oublions pas que des Français ont bénéficié du statut de réfugiés pendant la Seconde Guerre mondiale! Dans un certain nombre de cas (Syrie, Erythrée, Soudan…), nous sommes victimes de nos propres carences à faire régner la paix dans ces régions. »

Sur leur rémunération, les deux parlementaires ont joué la carte de la transparence. Même si Sylvie Guillaume a souhaité faire un préambule, en rappelant l’importance des lobbies présents dans les couloirs de Bruxelles et de Strasbourg : « Les parlementaires européens sont bien payés (6300 € net mensuels), mais cela permet qu’ils ne puissent pas être tentés par les lobbies », a relevé l’élue socialiste. Les parlementaires européens perçoivent également une indemnité de 4500€ pour leurs frais de fonctionnement (dont le loyer de leur éventuelle permanence) et une enveloppe maximale de 22.000€ est destinée aux rémunérations de leurs collaborateurs. « Nous sommes en CDD », a souligné M. Dantin. « C’est une situation précaire, mais de luxe, convenons-en. »

A l’issue de cet échange, Sylvie Guillaume et Michel Dantin ont visité les locaux de la MFR, avant de déjeuner avec les élèves et les enseignants. Mme Guillaume a ensuite poursuivi sa journée haut-alpine par une rencontre avec des élèves du lycée Aristide-Briand à Gap, puis avec les militants socialistes à la fédération PS des Hautes-Alpes.